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L’employé le mieux payé s’en va

Il renonce à sa rémunération de 4,4 millions $ «pour se consacrer à sa famille»

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Photo MARTIN ALARIE C’est Charles Émond qui succédera à Stéphane Etroy, établi à Londres. Arrivé à la Caisse de dépôt et placement du Québec en février dernier, il devient responsable de l’ensemble des activités de placements privés de l’institution.

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Moins d’une semaine après l’annonce surprise du départ du président et chef de la direction Michael Sabia, voilà que l’employé le mieux payé de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) quitte son poste. 

• À lire aussi: Caisse de dépôt et placement: Québec a été pris de court par le départ de Sabia 

Stéphane Etroy
Photo courtoisie
Stéphane Etroy

Chef des placements privés de l’institution, Stéphane Etroy a renoncé, lundi, à un salaire de 4,4 millions $ « afin de passer plus de temps avec sa jeune famille », selon la Caisse. Son départ est immédiat. La Caisse n’a voulu fournir aucun autre détail sur les circonstances du départ de son premier vice-président établi à Londres. 

Comme il s’agit d’une fin d’emploi volontaire, M. Etroy ne touchera pas d’indemnité, a cependant précisé le porte-parole Maxime Chagnon, lundi. 

Interpellé à ce sujet par Le Journal dans un événement public lundi soir, le PDG Sabia a quant à lui refusé de répondre à nos questions.

Charles Émond
Photo coutoisie
Charles Émond

La Caisse a profité de ce départ pour annoncer la fusion du poste occupé par M. Etroy à celui de Charles Émond, qui est premier vice-président, Québec, Placements privés et Planification stratégique depuis février dernier.

Le nom de M. Émond avait circulé la semaine dernière parmi les prétendants potentiels à la succession de Michael Sabia, qui a annoncé qu’il quitterait la barre de la Caisse en février 2020.

Ce départ avait suscité la surprise, parce que le mandat de M. Sabia ne devait se terminer qu’en 2021, année où la Caisse doit par ailleurs inaugurer son Réseau express métropolitain (REM).

Fusion

Dans son nouveau rôle, M. Émond « continuera de diriger la stratégie d’investissement de la Caisse au Québec, en plus de diriger l’ensemble de ses activités de placements privés à l’extérieur du Québec ». « Ce regroupement permettra à la Caisse de tirer pleinement avantage des expertises développées par ses équipes au fil des ans, en plus de faciliter l’échange de meilleures pratiques », précise l’institution dans un communiqué.

Les placements privés représentent une part de plus en plus importante des actifs de la Caisse. Ces investissements dans des entreprises qui ne sont pas cotées en Bourse ont présenté l’an dernier un rendement de 16,6 %, et des gains de 5,9 %. L’indice comparable a enregistré un gain de 8,7 %. 

M. Etroy a empoché l’an dernier un demi-million $ de plus que le grand patron de la Caisse, Michael Sabia, dont le salaire s’élevait à 3,9 millions $ en 2018. M. Sabia refuse toute hausse de son salaire de base de 500 000 $ depuis son entrée en poste, en 2009. Sa rémunération totale a toutefois crû de 11 % l’an dernier.

La rémunération de M. Etroy comprenait une « allocation temporaire » de 709 300 $ visant à compenser des sommes auxquelles il aurait renoncé en quittant son précédent emploi. Sa rémunération tient également du fait qu’il réside à Londres, où les salaires sont élevés dans le secteur financier.

– Avec la collaboration d’Antoine Lacroix

LES PLACEMENTSPRIVÉS DE LA CAISSE

Investissements dans des entreprises non cotées en Bourse.

  • 42,9 G$ (ou 28,3 %) de l’actif en actions de la Caisse en 2018. 
  • 14 % de l’actif total de la Caisse en 2018, contre 10 % en 2013.