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L'étau se resserre autour du prince Andrew

Une photo montrant le prince Andrew tenant la victime Virginia Giuffre par la taille dans l’appartement Ghislaine Maxwell, qu’on voit souriante en arrière-plan.
Photo US District Court Southern Florida Une photo montrant le prince Andrew tenant la victime Virginia Giuffre par la taille dans l’appartement Ghislaine Maxwell, qu’on voit souriante en arrière-plan.

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La famille royale britannique risque d’être bientôt éclaboussée par le plus gros scandale sexuel de son histoire. Elle en a pourtant connu d’autres.

Le prince Andrew, le fils préféré d’Elizabeth II, est plus que jamais dans la tourmente alors qu’il pourrait être inculpé pour crime sexuel par le FBI et, «en principe», faire face à une demande d’extradition aux États-Unis. Je dis bien «en principe». Tout le monde sait que la justice n’est pas la même pour tout le monde. Il fait partie des «Royals», de la race des seigneurs!

Rappelons les faits. Un ami de longue date du prince, le milliardaire et pédophile américain Jeffrey Epstein, s’est suicidé en prison en août dernier pour éviter un nouveau procès pour prostitution impliquant une cinquantaine de mineures, dont certaines n’avaient que 14 ans. Malgré le suicide d’Epstein, la justice américaine poursuit son enquête en vue d’inculper ses complices.

Le Times de Londres révélait en septembre que le FBI ciblait personnellement le prince Andrew : «l’enquête américaine porte sur plusieurs victimes potentielles dans l’espoir de pouvoir fournir plus de détails sur le prince Andrew et ses liens avec l’affaire Epstein». Selon le journal, des détectives de Scotland Yard sont prêts à assister leurs homologues américains dans ce dossier. À la place du FBI, je me méfierais.

Virginia Giuffre, qui dit avoir été l’esclave sexuelle d’Epstein, affirme qu’elle a été forcée d’avoir des relations sexuelles avec le prince Andrew, à Londres, en 2001, alors qu’elle avait 17 ans, puis à deux autres reprises à New York et sur l’île privée d’Epstein dans les Caraïbes où le prince Andrew aurait pris part à une orgie avec Jeffrey Epstein et plusieurs jeunes femmes.   

Le prince, dans une entrevue à la BBC, déclare «je n’ai aucun souvenir d’avoir jamais rencontré cette femme», alors qu’une photo le montre tenant la victime par la taille dans l’appartement de Ghislaine Maxwell qu’on voit souriante en arrière-plan. Il dit que la photo a été prise à l’étage de la maison de Maxwell tout en déclarant qu’il n’y était jamais allé. Plusieurs victimes d’Epstein accusent cette dernière de les avoir recrutées, ce qu’elle a toujours démenti. Un spécialiste engagé par le prince affirme que la photo est truquée alors que le FBI estime qu’elle est authentique.  

Andrew affirme, pour se disculper, que, le jour en question, il était allé en fin d’après-midi dans une pizzéria londonienne avec sa fille et qu’il ne pouvait donc être dans l’appartement de Maxwell. Giuffre soutient que le soir de la relation avec Andrew, ils sont allés dans un club londonien huppé. Il sera donc facile, pour la police, en vérifiant les transactions par carte de crédit, de vérifier si Andrew et Giuffre ont passé une soirée au «Tramp» et de connaître ainsi la date où Giuffre déclare avoir couché avec Andrew à l’appartement de Maxwell.

La plupart des commentateurs britanniques estiment que l’entrevue de la BBC remplie de contradictions a été un désastre médiatique pour Andrew et pour la famille royale.  

Et ce n’est pas tout. Dans les documents qu’elle a déposés devant le tribunal de New York, Giuffre soutient avoir aussi été agressée sexuellement par des politiciens américains réputés, des dirigeants d’entreprise, des présidents étrangers, un premier ministre et d’autres personnalités internationales qui gravitaient dans l’entourage d’Epstein alors qu’elle était son esclave.

Un scandale potentiel à répétition en perspective.

Beaucoup de monde doit présentement se creuser les méninges pour trouver des façons d’étouffer l’affaire et de sauver la mise de la famille royale. Mission impossible me direz vous, alors que la police enquête et que l’affaire est déjà devant les tribunaux? Ils pourraient trouver ici, au Québec, des spécialistes de ce genre d’opération, ne pensez-vous pas?