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15 départs au quotidien La Presse

15 départs au quotidien La Presse
PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

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Le quotidien La Presse procédera d’ici la fin de l’année à de nombreuses abolitions de poste, dont au moins quinze à la rédaction, a appris Le Journal. 

Les employés de la salle de nouvelles du quotidien numérique ont été convoqués mardi par la direction, qui les a informés de la mise en place d’un nouveau programme de départs volontaires, en raison de la situation financière de l’entreprise.

Des efforts semblables seront exigés de tous les services de l’entreprise. « En dehors de la rédaction, il s’agit majoritairement d’abolition de postes laissés vacants », précise la directrice des communications et de la Fondation La Presse, Florence Turpault-Desroches. On procédera aussi à « des réductions de coûts d’opération, dans une optique de saine gestion budgétaire », dit-elle. 

Les mines étaient basses au cours de la rencontre qui s’est tenue en après-midi. Les employés de la rédaction — journalistes, graphistes, etc. — qui opteront pour le programme de départs volontaires toucheront une indemnité allant de six à 12 mois de salaire. Les intéressés ont jusqu’au 3 décembre pour se manifester. Les départs auront lieu au plus tard le 31 décembre. 

Si le nombre n’est pas atteint, des mises à pied seront effectuées par ordre d’ancienneté. 

« Est-ce à dire que ça va mal à La Presse ? Pas du tout. La situation demeure difficile, mais nous sommes en train de nous en sortir », soutient l’éditeur adjoint du quotidien, Éric Trottier, dans une note de service dont le Journal a obtenu copie.

Le média du boulevard Saint-Laurent est en voie d’enregistrer « un tout petit déficit » en 2020, soutient M. Trottier. 

Après un « déficit colossal » en 2018 — évalué à près de 30 millions $ par les analystes — La Presse pourrait atteindre l’équilibre financier « dès le début 2021 », selon lui. 

Le Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse (STIP) déplore cette nouvelle vague de départs. « Nous espérons sincèrement qu’il s’agira de la dernière [...], puisque nous souhaitons le maintien de la qualité et de la richesse de l’information à La Presse », a indiqué Janie Gosselin. 

Directrice générale de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Catherine Lafrance a quant à elle appelé les gouvernements à agir rapidement pour fournir une aide financière aux médias. 

« Ça prend des moyens d’action immédiats et pas seulement de l’aide temporaire. [...] Les médias ont besoin de quelque chose de permanent », dit-elle, rappelant que de taxer les géants du web pourrait être une des solutions faciles à implanter rapidement. 

Aide de Québec refusée 

En août, l’organisme à but non lucratif qui publie La Presse + et lapresse.ca a d’ailleurs demandé en août une aide financière additionnelle au gouvernement du Québec.

Mardi, un porte-parole de M. Fitzgibbon, Mathieu St-Amand, a confirmé que Québec n’offrirait toutefois pas de subvention additionnelle à l’entreprise pour l’instant. 

La Presse, qui appartenait jusqu’à l’an dernier à Power Corporation, s’était fixé comme objectif d’amasser 5 millions $ par an en dons de lecteurs. Il semblerait toutefois que cet objectif soit plus difficile à atteindre que prévu. Jusqu’à maintenant, seulement 2,6 millions $ auraient été récoltés cette année.

Avec Antoine Lacroix