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Casier judiciaire: les employeurs demeurent hésitants, malgré la pénurie de main-d’oeuvre

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TROIS-RIVIÈRES – Au Québec, un homme sur cinq fait partie de la clientèle judiciarisée, tandis que 14% des adultes doivent vivre avec un casier judiciaire. Malgré la pénurie de main-d’œuvre, de nombreux employeurs hésitent à se tourner vers ce bassin de travailleurs qui, pourtant, fait ses preuves. 

La Maison Radisson, à Trois-Rivières, se consacre à la réinsertion sociale de la clientèle judiciarisée et tente de faire tomber les préjugés. En Mauricie, 72% des employeurs manifestent des réticences à embaucher une personne avec un casier judiciaire. 

François Desrosiers fait partie des gens qui ont peiné à se trouver un emploi. Cet ex-toxicomane a eu de nombreux démêlés avec la justice, et son casier judiciaire a été un obstacle. «J’ai des souvenirs d’être l’employé idéal et, lorsqu’on me disait après l’entrevue qu’on allait regarder dans mes antécédents judiciaires, je n’avais plus de nouvelles», a-t-il raconté. 

Malgré les embûches, M. Desrosiers a obtenu un poste de soudeur pour une entreprise de Sainte-Anne-de-la-Pérade, après une thérapie et un retour aux études. Sobre depuis 3 ans, c’est la tête bien haute qu’il parle désormais de son emploi à temps plein. 

Chaque année, plus de 200 personnes fréquentent les services de la Maison Radisson pour se trouver un emploi. Plus de 75% de la clientèle judiciarisée réussit son intégration au marché du travail grâce à un suivi. 

«C’est notre rôle comme organisme d’aller défaire les mythes et les préjugés. L’avantage dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, c’est qu’on a accès à une clientèle qui est formée, disponible et très fiable en emploi. Ils ont eu des obstacles à intégrer le marché du travail, ils ne veulent pas revivre cette stigmatisation», a expliqué la conseillère à l’emploi Sarah Trépanier.