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Conciliation travail-famille: une source de stress pour 40% des mères

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Près de 40% des mères de famille présentent un niveau particulièrement élevé de stress face à la conciliation travail-famille, montre le portrait 2019 de l’Observatoire des tout-petits, qui se penche sur les conditions de vies des enfants de 5 ans et moins, ainsi que leur famille. 

En comparaison, 23 % des pères se disent stressés par leurs obligations quotidiennes, un chiffre stable depuis 2012, alors qu’il ne cesse d’augmenter chez les femmes. 

En 2012, le taux de mères qui se disaient stressées était de 34,6 %. Il a depuis grimpé pour atteindre 39,2 % en 2018. 

Par ailleurs, «les mères sont plus nombreuses en proportion que les pères à présenter des symptômes dépressifs modérés à graves. Cette proportion était de 11 % en 2018 chez les mères, comparativement à environ 7 % chez les pères», peut-on lire dans le rapport publié mardi. 

Facteurs de stress 

Plusieurs facteurs peuvent en être à l’origine du stress, notamment la pauvreté. D'ailleurs, 10 % des ménages doivent composer avec l'insécurité alimentaire. 

Le pourcentage de familles à faible revenu dans certaines régions est inquiétant: 78,9 % dans le Nord-du-Québec, 59 % en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine et 41,1 % sur la Côte-Nord. 

«Les enfants qui vivent dans un logement insalubre ou dans un logement qui n'est pas abordable, on a vraiment des études scientifiques qui décrivent des liens assez directs sur la santé des tout-petits. Par exemple, des retards de croissance, des problèmes d'apprentissage, des problématiques au niveau respiratoire, comme de l'asthme», a expliqué la Dre Catherine Dea, médecin spécialiste en développement des enfants à la Direction régionale de la santé publique de Montréal. 

Difficile temps de qualité 

En plus de devoir composer avec leurs obligations familiales et celles liées à leur travail, une bonne proportion des parents affirment avoir du mal à passer du temps de qualité avec leurs petits. 

Plus du quart des parents (26,1%) dont les enfants fréquentaient la maternelle en 2015-2017 avaient du mal à trouver du temps pour jouer avec ceux-ci. 

L’enquête souligne par ailleurs que les parents qui vivent un niveau élevé de conflits famille-travail sont moins nombreux à jouer avec leurs enfants au moins une fois par jour. 

«Ces données sont préoccupantes, dans la mesure où le fait de jouer avec son enfant permet aux parents de maintenir un lien d’attachement avec lui et de stimuler son développement», indique le portrait de l’Observatoire. 

Une chose est sûre, les parents bien entourés et épaulés arrivent à concilier leurs obligations quotidiennes plus facilement. 

Soutien de l'entourage 

Les parents d’enfants à la maternelle sont relativement nombreux à pouvoir bénéficier d’un bon soutien social : près de 92 % des parents de ces enfants ont la possibilité de se tourner vers quelqu’un de confiance afin d’obtenir des conseils. 

95,4 % des parents peuvent compter sur des gens en cas d’urgence, et 90,5 % d’entre eux affirment avoir une famille et des amis qui les aident à se sentir en sécurité et heureux. 

Les enfants de la maternelle qui vivent dans une famille où le soutien social est faible sont plus susceptibles d’être vulnérables sur le plan du développement. 

Pour soulager les parents, et plus particulièrement les mères, l’Observatoire suggère un retour au travail plus souple pour les parents après un congé parental. Des mesures de conciliation famille-travail mieux adaptées, particulièrement pour ceux qui ont un horaire atypique, feraient également la différence pour bien des familles et des enfants. 

«De plus, il serait possible d'encourager un partage du congé parental ou encore d'adopter des stratégies axées sur l'intégration des pères dans l'ensemble des politiques, services et programmes visant les familles avec de jeunes enfants», précise-t-on dans l’analyse.