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Hong Kong: l’angoisse des familles des manifestants près du campus assiégé

Hong Kong: l’angoisse des familles des manifestants près du campus assiégé
Photo AFP

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Les proches de jeunes manifestants retranchés dans un campus hongkongais attendaient mardi dans l’angoisse, près des cordons de police, de connaître le dénouement d’un face-à-face explosif, les forces de l’ordre ayant promis d’arrêter tous les reclus de l’Université polytechnique (PolyU).

Une centaine de personnes demeurent sur ce campus de la péninsule de Kowloon, cernées depuis dimanche par les forces anti-émeute qui tentent de les déloger.

Une femme qui n’a donné que son nom de famille, Mme Cheung, a confié avoir passé la nuit dans un parc des alentours, en attendant des nouvelles de son fils, majeur, qui s’est selon lui rendu sur le campus comme secouriste.

«J’ai très, très peur, que sa vie ne soit menacée. Il est effrayé à l’idée d’être arrêté par les flics», a-t-elle dit.

La mobilisation pro-démocratie avait débuté en juin sur le rejet d’un projet de loi qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine, et qui est depuis suspendu. Les manifestants ont depuis considérablement élargi leurs demandes pour exiger des réformes démocratiques ou encore une enquête indépendante sur les violences policières.

Et la contestation a basculé la semaine dernière dans une phase nouvelle, et beaucoup plus violente, avec une nouvelle stratégie baptisée «Éclore partout» («Blossom Everywhere»), qui consistait à multiplier les actions simultanées - blocages, affrontements, vandalisme - pour éprouver au maximum les capacités de la police.

Alors que les manifestants préconisaient au cours des mois précédents des actions éphémères afin d’être insaisissables et fluides «comme l’eau», la nouvelle stratégie a eu pour effet d’ancrer la contestation dans plusieurs lieux.

Et le siège de la PolyU est la confrontation la plus longue et la plus violente avec les forces de l’ordre depuis juin.

Une autre mère, qui n’a également donné que son nom de famille, Mme Chung, a confié au South China Morning Post son inquiétude de savoir sa fille de 16 ans toujours dans le campus, alors que les autorités ont assuré que les mineurs qui sortiraient pacifiquement ne seraient pas poursuivis.

«Ca ne sert à rien de lui demander de sortir», a-t-elle dit au quotidien. «Elle veut sortir librement et ne croit pas ce que dit la police.» «Elle communique avec moi mais refuse de m’écouter.»

Mme Cheung a dit qu’elle espérait juste que son fils sorte sain et sauf. “Je crois qu’ils ne vont pas inculper mon fils car il ne fait qu’aider les gens. Il ne fait pas partie des gens en noir, il n’a pas de masque, il a quitté la maison en jean, en t-shirt et avec un coupe-vent.”

La cheffe de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, a déclaré mardi que les manifestants retranchés n’avaient d’autre option que de se rendre s’ils espéraient une issue pacifique à cette confrontation.

«Si le gouvernement lâche cette génération, qu’en sera-t-il de la prochaine? Va-t-il également l’abandonner?», a interrogé Mme Cheung. «Que va devenir Hong Kong?»