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La tornade Rosalie Vaillancourt déstabilise avec son premier spectacle

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Que son humour trash plaise ou non, Rosalie Vaillancourt est tout sauf ennuyante. La tornade blonde de 27 ans offre, avec Enfant roi, son premier one woman show, un solide divertissement. Sous ses faux airs angéliques se cache définitivement une petite démone de l’humour qui ira très loin.

L’un des spectacles les plus attendus de l’automne a été présenté mercredi soir, à la salle Albert-Rousseau, dans une ambiance électrisante. Et il a comblé toutes les attentes.

Sans surprise, le public était particulièrement jeune. On a même aperçu une des spectatrices «déguisée» en Rosalie Vaillancourt, habillée par un tutu et coiffée d’une queue de cheval comme la jeune vedette.

Quatre ans après sa sortie de l’École nationale de l’humour, «Roro» a été accueillie en reine par des fans visiblement déjà conquis qui ont hurlé de rires dès les premières lignes.

Sur scène, dire qu’elle est intense est un euphémisme. Lorsque sa voix criarde a livré ses premières phrases au micro, on a cru ne pas pouvoir l’endurer jusqu’à la fin. Mais non. Une fois les portes ouvertes sur son «royaume», on se laisse emporter dans son monde pendant une heure et demie.

Décor coloré

À la mise en scène, Pierre-François Legendre a fait de l’excellent boulot. Contrairement à la majorité de ses confrères et consœurs qui optent pour du stand-up dépouillé, elle, elle a mis le paquet.

Dans un décor multicolore, l’humoriste se sert allègrement de l’écran géant derrière elle pour des segments crampants, en plus de chanter deux chansons et d’avoir à ses côtés un coffre à souvenirs qui lui permet de raconter ses relations amoureuses.

Le numéro d’ouverture était d’ailleurs un dessin animé dans lequel Rosalie Vaillancourt se fait jeter un mauvais sort par une sorcière. Elle devait faire la démonstration, avant la fin du spectacle, qu’elle est une bonne personne, sans quoi elle sera transformée en «tas de merde».

Trash et irrévérencieux

Puis, ça commence. Elle embarque dans des gags trash et irrévérencieux dès le départ, avec son sujet favori : le sexe. Le conflit entre son monde enfantin et ce qui sort de sa bouche est d’ailleurs une des forces de son humour. «Je suis comme une piscine à Hochelaga, je n’ai pas le filtre», nous laisse savoir celle qui nous a informés qu’elle portait son «tampon porte-bonheur» pour la première.

Des blagues de tampons, de menstruations, de tout ce qui se trouve en bas de la ceinture nous feront rire en même temps qu’on grimace tellement elle va loin, parfois. Elle parlera de ses parents «fuckés» et de son enfance à Saint-Hyacinthe, de son amitié avec un jeune homme trisomique et de sa 18e année à prendre du Ritalin.

À la fin, elle livre un touchant message sur le fait qu’elle est, au fond d’elle-même, une bonne personne. On lui pardonnera quelques jeux de mots faciles qui tombent à plat. Mais elle s’assume tellement qu’elle s’autoproclame «pro de l’humour kiki».

Au final, elle réussit à faire un humour intelligent, même si les sujets sont parfois au ras des pâquerettes. Mercredi soir, on a savouré chacun des punchlines de cette humoriste unique en son genre.


► Rosalie Vaillancourt sera en supplémentaire à la salle Albert-Rousseau le 3 mars 2020.