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Pas demain l’indépendance

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Catherine Fournier a raison de croire qu’un vaisseau amiral ne peut à lui seul remporter la bataille, mais une flotte où chaque navire se gouverne à sa guise la perd à coup sûr !

On ne saurait douter des convictions indépendantistes de la députée, elle choisit toutefois un cap qui repoussera ses ambitions aux calendes grecques.

Fragmentation

Le mouvement indépendantiste se morcelle sans cesse. Depuis le référendum de 1995, plusieurs orga­nisations militantes rivalisent et s’affaiblissent mutuellement. La concurrence entre le PQ et QS parle d’elle-même.

En lançant Ambition Québec, Catherine Fournier aspire à rejoindre les orphelins politiques et à favoriser l’émergence d’idées de la base plutôt que d’imposer la voie d’en haut.

Elle espère voir émerger une armée d’organisateurs politiques qui sera utile le grand soir venu. Cependant, on ne sait trop dans quel bateau ces organisateurs navigueront avec la nouvelle adepte du socioconstructivisme politique.

Elle reproduit sensiblement les mêmes symptômes que son ex-collègue Martine Ouellet qui a créé son Mouvement Québec indépendant faute de voir le Bloc suivre ses diktats. À chacun sa raison et on prend son petit navire en se croyant assez fort pour affronter seul la tempête. Pourtant, un pays du G7 ne se laissera pas démembrer sans coup férir et encore moins par des chaloupes.

Mea culpa

Le vaisseau péquiste est mal en point aujourd’hui parce que ses officiers ont donné la nausée à plusieurs des matelots en tardant à le radouber. Dans leur démarche de refondation, les péquistes ouvrent la porte aux sympathisants dans leur processus décisionnel.

N’y a-t-il pas là une vision commune entre Fournier et son ex-formation pour faire une plus grande place aux orphelins politiques ?

Si la députée espère rejoindre le port un jour, elle aurait intérêt à ce que le navire de tête soit dans un meilleur état. Un retour à son bord offrirait une mer moins agitée.