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«America» ou le mystère de la toilette volée à Blenheim Palace

«America» ou le mystère de la toilette volée à Blenheim Palace
AFP

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J'aime bien m'éloigner brièvement de la couverture de la politique américaine pour m'intéresser à divers sujets. Histoire, sport et culture constituent des thèmes que je privilégie. Dans le cas présent, j'ai d'abord été attiré par le nom de l'œuvre.  

Le 14 juillet dernier, on volait une toilette en or 18 carats, une œuvre de l’artiste Maurizio Cattelan. Intitulée America, l’œuvre est irrévérencieuse, à l’image de plusieurs autres réalisations de l’artiste.       

Au-delà du caractère original de l’œuvre et de la controverse qu’elle peut susciter, Cattelan affirme qu’on doit y percevoir une dénonciation des inégalités du système capitaliste. Malgré toutes leurs différences, les humains partagent des réalités physiques communes. Utiliser la toilette (elle est fonctionnelle), c’est vivre une expérience de proximité avec une œuvre d’art!       

L’artiste a réalisé trois toilettes du même type (la photo dans le haut de ce billet représente celle du Guggenheim de New York) et, jusqu’au 14 juillet dernier, l’une d’elles se trouvait à Blenheim Palace, lieu de naissance de Winston Churchill. Depuis la disparition de l’œuvre, la police est avare de renseignements et, bien que l'on ait interrogé quelques suspects, tous ont été relâchés.       

Comme c’est souvent le cas, le mystère entourant le vol a provoqué la propagation de plusieurs rumeurs. Déjà, les habitants de Woodstock, la ville où se trouve le palais, spéculent avec entrain.       

Alors, comment enlève-t-on une toilette? Comment la dissimule-t-on? La quantité d'or utilisée pour réaliser l'œuvre est évaluée à 4 millions de dollars. Parmi les «théories» avancées, on prétend qu’on a pu la faire fondre, la balancer au fond d’un des lacs de la communauté pour la récupérer plus tard ou la transporter en avion puisque l’aéroport est tout près, à moins que l’artiste lui-même ne la cache pour attirer l’attention.       

Plusieurs habitants de la petite localité préfèrent rire de l’incident. On croit même à une blague, et on voit apparaître des «copies» de l’œuvre, de simples toilettes recouvertes de peinture en aérosol.       

Les enquêteurs envisagent maintenant la possibilité qu’on se soit emparé de l’œuvre pour la faire fondre. Ce type d’opérations serait à la hausse, même si, généralement, on récupère du bronze et non de l’or.       

Si cette histoire folle a piqué votre curiosité, je vous laisse un lien vers un topo plus explicite, ici. Vous accéderez en même temps à une publicité dans laquelle l’artiste récupère l’incident de manière humoristique. Tout un personnage!