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Après être devenu aveugle, il doit déclarer faillite

Après être devenu aveugle, il doit déclarer faillite
Illustration Adobe Stock

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Roger est camionneur à Québec et gagne un bon salaire. Au début de l’année 2018, sa santé physique se dégrade au point où il perd presque totalement la vue. Il doit abandonner son emploi et les problèmes financiers viennent couronner le tout.

Avant sa maladie, Roger touchait des revenus qui lui permettaient de vivre confortablement, mais sans excès. Même s’il n’était pas très dépensier, il a tout de même accumulé 20 000 $ sur ses cartes de crédit, afin de pouvoir s’offrir quelques petits luxes ou arrondir les fins de mois. Il n’a pas non plus mis d’argent de côté, se fiant au fait qu’il ne risquait pas de manquer de travail dans son secteur où la demande de camionneurs est forte.

Malheureusement, le destin allait le frapper au moment où il s’y attendait le moins. Au début de la maladie, ses symptômes étaient assez légers, puis ils ont empiré jusqu’au jour où il est pratiquement devenu aveugle, ce qui l’a contraint à cesser toutes ses activités. Un vrai coup dur pour Roger qui, du jour au lendemain, se retrouve pratiquement sans ressources.

Assurance salaire

Puisqu’il bénéficiait d’une assurance salaire dans le cadre de son emploi, il a heureusement pu commencer à toucher des versements mensuels de 1500 $ vers la fin de l’année 2018. Durant les premiers mois sans revenus, il a emprunté de l’argent à des connaissances et des amis pour réussir à joindre les deux bouts. « Il n’a pas utilisé ses cartes de crédit, car il savait qu’il n’aurait pas les moyens de les rembourser, mais les intérêts se sont accumulés », explique Nadia Paradis, syndique autorisée en insolvabilité chez Raymond Chabot.

Ne pouvant rester seul dans son appartement à cause de sa cécité, et n’ayant plus les moyens de payer le loyer, il a dû déménager chez un neveu qui demeure à Montréal. C’est en effet le seul de ses proches qui réside au Québec, puisque Roger est d’origine cubaine et que toute sa famille vit encore là-bas. Il habite désormais en colocation avec le jeune homme et verse un loyer de 500 $ par mois. Il a aussi rendu sa voiture au créancier, n’étant plus en mesure de la conduire et ne parvenant plus à effectuer les paiements.

Inévitable faillite

Même si sa situation matérielle s’est stabilisée, Roger a encore 20 000 $ de dettes de consommation à rembourser. Les institutions émettrices de ses cartes de crédit s’impatientent et il n’a pas suffisamment de marge de manœuvre pour les rembourser. Pendant ce temps, les intérêts de près de 19 % s’accumulent chaque mois... Au printemps 2019, il est donc allé consulter un expert en insolvabilité. « Dans sa situation, la meilleure solution était de faire faillite. Il a donc effectué neuf paiements de 225 $ par mois et a pu se débarrasser de ses dettes de cartes de crédit », explique Nadia Paradis. En ce qui concerne les sommes prêtées par ses amis, il les rembourse peu à peu, selon ses capacités financières.

La syndique souligne que l’on ne peut pas toujours prévoir ce que la vie nous réserve, mais qu’il est toujours préférable de mettre de l’argent de côté afin de pouvoir affronter les coups durs. « Idéalement, on paye aussi le solde complet de ses cartes de crédit chaque mois, pour éviter de voir les intérêts s’accumuler », recommande-t-elle.

Sa situation financière

Actifs

  • Aucun

Dettes

  • Cartes de crédit (portant intérêt) : 20 000 $
  • Total : 20 000 $

Revenu mensuel

  • Assurance salaire : 1500 $
  • Total : 1500 $

Dépenses mensuelles

  • 1125 $ (incluant loyer, téléphone, électricité, épicerie, transport)