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La deuxième chance de Justin Trudeau

Justin Trudeau et Chrystia Freeland.
Photo AFP Justin Trudeau et Chrystia Freeland.

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Malgré sa victoire minoritaire, le premier ministre libéral Justin Trudeau entame son deuxième mandat sous des cieux politiques qui lui sont favorables. Que ce soit avec le NPD, le Bloc québécois, ou même parfois les conservateurs, il lui sera facile de négocier ses appuis « à la carte ».

Son nouveau Conseil des ministres est également taillé sur mesure pour l’aider à paver la voie à un éventuel troisième mandat. En guise de première réponse à la colère des Albertains, l’envoi de l’écologiste Steven Guilbeault au Patrimoine au lieu de l’Environnement leur offre déjà une concession de taille.

French Power ?

Comme signal d’intérêt envoyé à l’Ouest, rien n’égale toutefois la nomination de Chrystia Freeland comme vice-première ministre et ministre aux Affaires intergouvernementales, de loin la ministre la plus puissante du lot. Sa mission sera d’ouvrir un nouveau front diplomatique, mais celui-là, au sein même de la fédération canadienne. Le but sera de convaincre l’Alberta que le gouvernement Trudeau peut réussir à concilier la nécessité d’exporter son pétrole avec la protection de l’environnement. Vaste commande.

En même temps, la nomination d’un contingent majeur de dix ministres québécois fera de l’œil à une partie des 32 sièges du Bloc. François-Philippe Champagne aux Affaires étrangères devient un joueur de premier plan. Leader parlementaire et lieutenant politique pour le Québec, Pablo Rodriguez hérite du rôle complexe de bâtisseur de pont avec le gouvernement nationaliste de François Legault.

Armada québécoise

L’approche ne va d’ailleurs pas sans rappeler le fameux French Power libéral des années 1960, dont Pierre Elliott Trudeau, le père de Justin, était une des étoiles montantes. Le French Power visait justement à concurrencer la montée du nationalisme au Québec en convainquant les Québécois que le « vrai » pouvoir pour eux était à Ottawa. Comme quoi, l’histoire a parfois le don de se répéter.

Une chose est sûre : dans tout gouvernement minoritaire, chacune de ses décisions est calibrée de manière à favoriser sa prochaine réélection, préférablement majoritaire. De toute évidence, celui de Justin Trudeau ne fera pas exception.