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L’expert «indépendant» sur Desjardins a reçu 1,25 million $... de Desjardins

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Le seul expert mandaté par Québec pour donner un avis impartial sur les fuites de données de Desjardins a reçu en février dernier 1,25 M$ de la part de Desjardins pour sa chaire de recherche.  

• À lire aussi: Fuite de données chez Desjardins: Jolin-Barrette ignorait l’apparence de conflit d’intérêts d’un invité en commission 

José Fernandez est titulaire de la chaire de recherche industrielle en cybersécurité et intelligence artificielle (IA) à Polytechnique Montréal.    

Il fait partie des six participants qui seront entendus aujourd’hui en commission parlementaire à l’Assemblée nationale pour commenter la fuite de données massives de 4,4 millions de clients de Desjardins.    

Choisi par le cabinet du leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, l’expert du Réseau intégré sur la cybersécurité devra expliquer aux élus si Desjardins utilise les bonnes méthodes pour protéger les données.    

Les sources contactées par notre Bureau d’enquête assurent que M. Fernandez se trouve pourtant en position de conflit d’intérêts.    

En février dernier, le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, a annoncé un investissement de 1,25 million de dollars sur cinq ans pour que l’institution financière devienne un partenaire de la chaire de recherche de M. Fernandez.    

Soulignant que «les cyberattaques sont toujours plus sophistiquées», le professeur avait alors salué l’investissement de Desjardins dans ses travaux.    

«Ce partenariat concrétisera un programme de recherche original, avancé et audacieux qui permettra d’appliquer les techniques d’IA aux problèmes fondamentaux de cybersécurité», avait dit le professeur Fernandez lors de l’annonce.    

M. Fernandez avait ajouté que des infrastructures sensibles du gouvernement et des banques avaient tout de même été déjouées malgré les outils mis en place.    

Le professeur José Fernandez posait directement à côté du grand patron de Desjardins, Guy Cormier, le 14 février dernier, après l’obtention de sa chaire de recherche d’un financement de 1,25 M$ de la part de l’institution financière.
Photo courtoisie
Le professeur José Fernandez posait directement à côté du grand patron de Desjardins, Guy Cormier, le 14 février dernier, après l’obtention de sa chaire de recherche d’un financement de 1,25 M$ de la part de l’institution financière.

Ils étaient au courant  

Quatre mois plus tard, le Mouvement Desjardins admettait publiquement qu’une fuite de données historique avait frappé son institution et que ses membres avaient été victimes du vol de leurs renseignements personnels.    

Guy Cormier a donné une conférence à Polytechnique Montréal à la même occasion.
Photo courtoisie
Guy Cormier a donné une conférence à Polytechnique Montréal à la même occasion.

Le type de commission parlementaire à laquelle sont conviés Desjardins et M. Fernandez est inhabituel. Elle a été qualifiée de cavalière par les partis d’opposition, qui n’avaient pas eu à émettre de consentement pour qu’elle soit mise sur pied.    

Le leader du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, avait ainsi carte blanche pour choisir les intervenants. Selon nos sources, les partis d’opposition ont réclamé l’invitation de plusieurs experts indépendants en cybersécurité. Le leader Jolin-Barrette aurait refusé.    

Un autre invité  

Selon l’attaché de presse du cabinet du leader, Marc-André Gosselin, la motion initiale suggérait d’inviter un autre professeur, Benoit Dupont, mais ce dernier ne pouvait être présent et a été remplacé par M. Fernandez.    

Selon lui, ce choix a été consenti par les partis d’opposition, après la recommandation de M. Dupont.    

Joint par notre Bureau d’enquête, M. Fernandez a refusé de commenter.    

Par ailleurs, la Sûreté du Québec a refusé l’invitation à cette commission parlementaire, car elle soutient que son enquête sur le vol de données est toujours active.    

 Ceux qui seront entendus à la commission parlementaire        

  •  Mouvement Desjardins    
  •  Equifax    
  •  Autorité des marchés financiers    
  •  Association des banquiers canadiens    
  •  Office de la protection du consommateur    
  •  José Fernandez, titulaire d’une chaire de recherche industrielle en cybersécurité et intelligence artificielle (expert indépendant)        

 Le vol de données en bref        

  •  4,4 millions de victimes, dont 4,2 millions de particuliers, soit l’ensemble des clients de Desjardins    
  •  L’adresse, la date de naissance et le numéro d’assurance sociale se sont, entre autres, trouvés entre les mains de courtiers de la région de Québec et de pirates sur le dark web.    
  •  Un ex-employé de Desjardins, Sébastien Boulanger-Dorval, est dans la mire de la police. Il n’a toujours pas été arrêté.