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Thérapeute le jour boxeuse le soir: Marie-Pier Houle mène deux carrières de front

Marie-Pier Houle mène deux carrières de front

Thérapeute le jour boxeuse le soir: Marie-Pier Houle mène deux carrières de front
Photo Chantal Poirier

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Peu de boxeurs ont un plan B avant de commencer leur carrière chez les professionnels. Ils se comptent sur les doigts d’une main. Parmi ces cas rares, on retrouve Marie-Pier Houle. 

Après sa carrière chez les amateurs, la boxeuse originaire de Trois-Rivières (2-0, 1 K.-O) a décidé de prendre une pause de plusieurs années pour faire ses études. 

« J’étais tannée de la compétition, a expliqué Marie-Pier Houle. À ce moment-là, je commençais le cégep et j’avais moins de temps pour aller au gymnase avec mon horaire de cours. » 

Elle a commencé par une technique en diététique à Trois-Rivières. Comme ça arrive à plusieurs étudiants, elle a constaté qu’elle ne pourrait pas faire carrière dans ce domaine. C’est à ce moment qu’elle a décidé de faire une technique en réadaptation physique. Elle a eu la piqûre et elle travaille maintenant à temps plein dans une clinique de Terrebonne. 

« J’adore ce que je fais. Je suis le type de thérapeute qui aime avoir un bon contact avec ses patients. Je suis quand même sévère avec eux. Mes collègues m’envoient souvent des patients qui ne veulent pas avancer ou s’aider, car ils savent que je vais les mettre au pas. » 

Gymnaste de l’horaire 

Après cette affirmation, Houle rit de bon cœur. 

« La physio, tu te creuses toujours un peu la tête pour savoir ce qui se passe et les raisons pourquoi une blessure n’évolue pas. Ce n’est pas un travail qui est routinier. Chaque personne réagit différemment à un traitement. Il faut toujours innover dans les exercices. 

« Je trouve que ça fait un bon mélange avec le sport que je pratique. » 

Le dernier camp d’entraînement de Houle se résume à trois mots : boulot, entraînement et dodo. Comment a-t-elle fait pour conjuguer ses nombreux entraînements à son horaire de thérapeute ? 

« C’est beaucoup de planification, a-t-elle mentionné. Mon camp a été particulier avec une séparation et un déménagement. Mes priorités sont le travail et la boxe. » 

Si elle souhaite passer au niveau supérieur de la boxe, elle est bien consciente qu’elle devra passer plus d’heures au gymnase. Par contre, Houle ne serait pas prête à prendre une année sabbatique de son travail. Du moins, pas pour l’instant. 

« Je ne suis pas sûre que j’arrêterais complètement, a-t-elle indiqué. J’ai besoin d’un horaire chargé et d’un plan dans ma journée. Je veux manger les murs si je n’ai rien à faire. » 

Lâcher l’ordinateur 

Houle a commencé la boxe à 14 ans alors qu’il y a avait un gymnase à quelques rues de sa maison familiale à Trois-Rivières. 

« Ma mère était tannée de me voir assise devant mon ordinateur, a raconté l’athlète de 29 ans. Elle voulait que je me trouve quelque chose à faire. 

« J’avais un prof au secondaire qui faisait de la boxe. Il m’avait proposé d’aller faire un essai. Lorsque j’en ai informé ma mère, elle m’a dit : ‘‘es-tu malade ?’’ » 

Elle a eu droit à la même réaction lorsqu’elle lui a parlé de la possibilité de faire des combats. 

«Elle a fini par accepter. Mes parents sont très fiers de moi et de ce que je réalise dans la boxe. Ma mère est ma partisane numéro un», a ajouté Houle en souriant.