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Une hausse de taxes à Laval malgré de gros surplus

La Ville prévoit une augmentation sous l’inflation pour l’année prochaine

Le maire de Laval, Marc Demers, le 15 novembre dernier lors d’une annonce.
Photo Agence QMI, Joël Lemay Le maire de Laval, Marc Demers, le 15 novembre dernier lors d’une annonce.

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Les Lavallois subiront une hausse de taxes l’an prochain, qui provoque la colère de l’opposition et soulève des questions dans l’équipe du maire parce que la Ville semble nager dans les surplus.

Selon ce que Le Journal a appris, le maire de Laval, Marc Demers, a récemment rencontré son équipe pour lui indiquer que la hausse de taxes pour 2020 s’élèverait à 1,4 %, et que la Ville présenterait un surplus d’environ 40 M$ pour l’exercice financier de 2019 lors du dévoilement du budget, le 2 décembre prochain.

Pour une maison moyenne évaluée à 358 013 $, la facture augmentera d’au moins 42 $.

« M. Demers leur demande de contribuer encore davantage, mais pour quoi exactement en retour ? » demande David De Cotis, conseiller d’opposition pour Action Laval.

« Les rues sont jonchées de nids-de-poule, la politique neige est déficiente et des sommes considérables sont gaspillées dans des projets brouillons, comme les lignes bleues et blanches (sur les trottoirs près des parcs) et le complexe aquatique inachevé », ajoute-t-il.

De plus, Laval cumulait dans ses coffres 555 M$ à la fin de l’année 2018.

Selon nos sources, des membres de l’équipe du maire l’ont questionné sur les raisons qui motivaient une hausse de taxes, alors que l’opposition, qui réclame un gel, risque d’en faire ses choux gras.

M. Demers a précisé qu’il était préférable d’augmenter les taxes pour le budget 2020 afin de présenter la plus faible hausse possible ou même un gel pour l’année 2021, lors de laquelle auront lieu les prochaines élections municipales.

Les cadeaux électoraux

« C’est vrai qu’on est toujours porté à offrir des cadeaux en année électorale », commente Danielle Pilette, experte en fiscalité municipale et professeure associée à l’UQAM. Elle ne voit pourtant pas cette hausse d’un mauvais œil.

« Il est par contre souhaitable de continuer à engranger des surplus à un rythme raisonnable surtout quand l’immobilier va bien, et trouver un moyen de faire d’autres sortes de cadeaux [qu’un gel de taxes] », dit-elle.

Lors de cette rencontre, M. Demers a aussi fait valoir que l’augmentation est faible par rapport à la hausse de 5 % des dépenses prévues dans le prochain budget.

Selon ses informations, Québec et Mont­réal soumettront une hausse de taxes de 1,3 % à leurs citoyens. Le cabinet du maire a préféré ne pas commenter.