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Danièle Henkel: 8 questions sur la place de la famille dans une entreprise

Danièle Henkel
Photo d'archives, STEVENS LEBLANC Danièle Henkel

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C’est une femme d’affaires accomplie. C’est une entrepreneure au féminin qui irradie l’humanité, la confiance et la réussite partout où elle va. Mais Danièle Henkel est aussi la mère de 3 filles, Linda, Nawel et Amel, et d’un garçon Kader, qui évoluent à ses côtés depuis bientôt 20 ans.   

Dans le cadre de l’événement Rendez-vous Réseau M 2019 qui se déroulait la semaine dernière à Montréal, voici 8 questions posées à Danièle Henkel sur le développement de ses enfants au sein de sa compagnie.        

Quelle place accordez-vous à la famille dans votre entreprise?       

Tout tourne autour de la famille chez moi; ma force, ma détermination, mes entreprises les valeurs, tout! C’est vraiment comme si nous étions tous une grande famille. Pour moi c’est vital. Pour performer, j’ai besoin de connecter avec les gens et comprendre que mes actions et mes idées vont avoir un impact positif quelque part.        

Peut-être que cela vient du fait que je n’ai pas eu une grande famille. [...] J’avais un demi-frère et ma maman seulement. C’est ce cocon que j’ai créé, qui d’après moi, m’a permis de passer les moments difficiles.        

Comment avez-vous intégré vos enfants au sein de la compagnie?       

Ils ont tous et toutes commencé au bas de l’échelle. Ils ont tous fait des boîtes et emballé les gants. Ils sont passés par tous les départements. [...] Tu peux mieux comprendre ce que ton employé doit faire, si tu l’as déjà fait toi-même.       

Il y a eu un mois et demi, on a d’ailleurs eu une grosse commande de gants avec des cosmétiques et je n’avais pas assez de stock prêt pour les fêtes. Tout le monde s’est mis à la tâche, la direction avec les employés. On a commandé des pizzas et on est resté jusqu’à 10h00 le soir.        

Comment arrive-t-on à passer le flambeau de la direction à ses enfants?       

On a fait notre fameuse réunion de famille il y a environ 8 ou 9 ans. Ça fait donc un moment que je sais que malgré que je sois quand même impliquée, le moment va venir où il va y avoir, et il y en avait déjà, des prises de passations et des décisions prises en charge par mes enfants. Je me suis dit: officialisons ça et faisons-nous accompagner par des professionnels. Ça prend du temps sur le plan psychique, émotif. [...] Ce n’est jamais les compétences, le problème, c’est l’aspect émotif.        

Comment avez-vous choisi spécifiquement celui ou celle qui reprendra ce flambeau?       

Linda, avec l’accord de son frère et de ses deux autres sœurs, était désignée pour être celle qui va prendre la relève, pas parce qu’elle est l’aînée, mais parce qu’elle a une particularité. Elle est visionnaire. Elle est stratégique. Ne lui demande pas de gérer une équipe, ce n’est pas sa force. Ça, c’est la force de Nawel; elle a une main de fer dans un gant de velours. [...] Chacun a sa place. Mon fils, c’est le marketing et le web.        

Oui, Linda prend la tête de l’entreprise, mais c’est comme s’il y avait des écosystèmes qui se créaient pour chacun d’eux.       

Réussissez-vous à lâcher prise et à laisser vos enfants prendre pleinement les devants?       

Je vais y aller d’un exemple: Nawel veut monter un projet pour l’académie. Je vais lui dire: «Il n’y a pas de problème mon amour. Si tu te plantes, tu te plantes. Si tu veux ta part, ta bulle, tu peux créer ton écosystème, mais tu en seras responsable à 100%. Si tu te plantes, ça va te coûter cher, mais comme ça, tu vas apprendre de tes erreurs.»       

Quelle(s) valeur(s) souhaitez-vous leur inculquer en tant que mère et/ou en tant que femme d’affaires?       

Ce sont les mêmes. J’ai toujours été convaincue que nous ne sommes pas deux personnes. À la maison, on est la même personne. Au bureau, on est la même personne. Quand j’étais sévère avec mes enfants à la maison, je l’étais pour moi à ma façon en entreprise. Je l’étais avec ceux qui étaient proches de moi et qui avaient des responsabilités. Les valeurs sont donc les mêmes, mais elles sont appliquées différemment.        

Je vais prôner l’authenticité: savoir rester intègre à qui on est. Ça, ce n’est pas simple. Au cours d’une vie personnelle et professionnelle, on a tendance à se faire bousculer. La société étant ce qu’elle est, elle va toujours essayer de nous formater. [...] On est unique et on a le droit à notre unicité.        

Quel est votre plus grand souhait pour vos filles et les femmes entrepreneures?       

On nous a enseigné à jouer à la poupée, mais on ne nous a pas enseigné à former un cocon serré, à être un club. On dit bien le boysclub. Naturellement, lorsqu’un homme monte en grade, il va appeler tous ses chums. Il va aller prendre un pot et s’entourera de ceux qui pourront le rendre plus fort pour mieux performer.       

Lorsqu’une femme monte, qu’elle obtient une position de force, quelle qu’elle soit, je souhaite juste qu’elle puisse tendre la main à une autre femme. [...] Moi, j’appelle ça le ladiesclub.       

Il y a le mythe de dire: «Je suis une femme, donc je dois me battre pour ma place». Non, arrête de te battre. Prends-la, ta place.        

Quel conseil aimeriez-vous donner à vos filles, peut-être même vos petites-filles et les femmes à venir en affaires?       

Osez, continuez d’oser.        

Danièle Henkel a publié en octobre dernier le livre Ces différences qui nous rassemblent. L’essai est offert en librairie.       

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