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Le droit à la vie privée du pitbull

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 Les ministres se succèdent et sont hésitants dans le dossier des chiens dangereux. La gestion du cas d’une attaque de pitbull survenue à Trois-Rivières démontre que les choses empirent plutôt que de s’améliorer. Et le rôle des diverses autorités dites « responsables » devient de plus en plus confus. 

 En octobre dernier, Sylvie Tremblay promène tranquillement son chien lorsque son animal et elle-même sont attaqués par un pitbull échappé. Le chien s’agrippe à elle et lui endommage sérieusement un bras. Elle porte les marques de ces blessures importantes. 

 Choquée et inquiète pour sa sécurité, Mme Tremblay essaye dans les semaines suivantes de savoir ce qu’il advient du chien. A-t-il été euthanasié ? S’il a subi une évaluation de dangerosité, quelles en sont les conclusions ? Le propriétaire pourra-t-il ramener ce chien dans sa rue ? Si oui, selon quelles conditions ? Elle veut savoir et c’est bien légitime. 

ÉCOUTEZ le commentaire de Mario Dumont, sur QUB radio:

 Suivi du chien dangereux 

 C’est là que l’histoire devient intéressante. Elle contacte la Ville. On l’envoie à la police. Elle contacte la police. On la réfère à la SPA, la Société protectrice des animaux locale. La SPA lui refuse toute information, lui indiquant que ces renseignements sont totalement confidentiels. Une politique de confidentialité qui semble acceptée par la Ville et la police... 

 Une confidentialité mieux protégée que nos renseignements chez Desjardins ! 

 Détail important, selon Le Nouvelliste, ce chien aurait été adopté via la même SPA il y a deux ans. Donc, l’organisme chargé d’enquêter sur la dangerosité d’un chien à la suite d’une agression grave est le même organisme qui l’a confié en adoption. Quoi qu’on dise de l’intégrité des professionnels responsables de l’évaluation, l’organisme se retrouve en plein conflit d’intérêts. 

 Pensez-y un instant. Si la SPA conclut que ce chien représente un danger public de haut niveau, elle s’auto-incrimine. Elle a placé ce danger dans les rues de Trois-Rivières. Du point de vue de son image publique, aucune organisation ne s’enfoncera elle-même le bonnet d’âne. Et du point de vue juridique, aucune organisation ne posera un geste qui pourrait lui revenir au visage sous forme de poursuites coûteuses. 

 Lois renforcées ??? 

 Le cri du cœur de cette dame s’ajoute aux démarches d’autres victimes d’attaques de chien qui viennent de former une coalition et réclament un resserrement des lois. La chose curieuse, c’est qu’après le décès de Carole Vadnais, tuée par un pitbull à Pointe-aux-Trembles, les autorités ont promis un meilleur encadrement. 

 L’impression aujourd’hui, c’est que le contraire s’est produit. Même après des attaques graves, les chiens dangereux ne sont plus euthanasiés comme auparavant. Les autorités gagnent du temps, évaluent, analysent, histoire de laisser retomber la poussière. 

 Le dossier des chiens dangereux est encore sur le bureau de la ministre Geneviève Guilbaut. Comme son prédécesseur Martin Coiteux, elle a peur du puissant lobby animaliste qui monte aux barricades pour « les droits des animaux ». Elle devrait examiner ce cas-ci pour comprendre à quel point les victimes passent en deuxième.