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Le patron du policier croit qu’il y a une explication

Accusé d’abus de confiance, il voulait peut-être démontrer une faille

Le procès devant jury de Marc-Olivier Perron s’est ouvert, mardi dernier, sous la présidence de la juge Myriam Lachance.
Photo Chantal Poirier Le procès devant jury de Marc-Olivier Perron s’est ouvert, mardi dernier, sous la présidence de la juge Myriam Lachance.

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Le patron du policier de Longueuil accusé d’abus de confiance a éclaté en sanglots en apprenant que son employé allait être arrêté, croyant que les gestes de celui-ci ne visaient peut-être qu’à lui démontrer une autre faille de sécurité.

« Selon moi, il y avait une explication. [Entre cadres], ça parlait d’intention malicieuse. Ça se peux-tu qu’il enquêtait sur quelque chose ? » a témoigné le lieutenant-détective Martin Valiquette, jeudi, au palais de justice de Longueuil.

Contre-interrogé par Me Ariane Bergeron St-Onge, de la défense, celui qui était le patron de l’accusé Marc-Olivier Perron au Bureau d’analyse et de renseignement criminel (BARC) en 2016 a admis avoir fondu en larmes lors de la réunion durant laquelle il a appris le sort réservé à son poulain. Il a néanmoins précisé qu’il vivait aussi une épreuve sur le plan personnel.

Le policier ayant 29 ans de carrière a dit au jury qu’il se reconnaissait dans l’ardeur au travail de l’agent de 36 ans maintenant accusé d’abus de confiance et d’utilisation frauduleuse d’un ordinateur.

« Employé zélé »

« C’est un employé zélé, qui veut toujours donner la qualité la plus supérieure possible », a-t-il noté.

À preuve, Perron a mis en évidence plusieurs brèches dans la sécurité du BARC du Service de police de l’agglomération de Longueuil par le passé.

Ouverture d’un cadenas à l’aide d’un morceau de canette de boisson gazeuse, déverrouillage d’un classeur contenant l’identité des informateurs avec un trombone en quelques secondes, intrusion dans le réseau informatique sécurisé à partir d’un fil de téléphone : le jeune policier a trouvé plusieurs failles, qu’il a signalées à son supérieur.

Le lieutenant-détective Valiquette a répété ne pas avoir demandé à Perron de faire tous ces tests – à l’exception d’une occasion où il lui a commandé un rapport intitulé espionnage corporatif.

Il a néanmoins reconnu qu’il était satisfait du travail de son agent, qu’il ne l’a jamais réprimandé pour ses gestes et qu’il ne lui a pas demandé de cesser d’agir ainsi.

En mars 2016, Perron aurait toutefois utilisé l’ordinateur d’une supérieure pour consulter des documents « très secrets », après ses heures de travail.

Il aurait également copié 2400 fichiers liés aux informateurs sur un support USB, qui aurait par la suite été retrouvé à son domicile.

Mot de passe accessible

Or, le mot de passe de la sergente que Perron aurait utilisé était noté dans un calepin sur le bureau de celle-ci. Plus encore, la policière aurait même indiqué cela à voix haute dans le bureau.

« Je me suis dit : “Est-ce que Marco a entendu ça et qu’il est allé sur [son] poste pour montrer une autre faille de sécurité ?” » s’est demandé le lieutenant-détective Valiquette.

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