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Le Québec est mûr pour une baisse d’impôt

Le premier ministre François Legault
Photo Simon Clark Le premier ministre François Legault

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On dirait que le premier ministre François Legault parle de moins en moins de remettre de l’argent dans les portefeuilles des Québécois, comme il aimait tant le dire l’an dernier. À l’exception de la bonification de quelques crédits d’impôt, peu de répit a été annoncé pour les contribuables. 

Pourtant, ce n’est pas l’argent qui manque. Les surplus des dernières années ont atteint des niveaux records, et tout indique que cette année s’enligne aussi pour être une année faste à Québec.  

Au cours de l’année 2018, c’est un surplus de 8,2 milliards de dollars que le gouvernement du Québec a enregistré. Ces 8,2 milliards représentent un trou d’un peu plus de 1200$ dans les poches de chaque contribuable québécois. 

Pour le Québécois moyen, 1200$, ce n'est pas une peccadille. Alors que le taux d’endettement des ménages atteint des niveaux records, une augmentation moyenne de 1200$ de revenu disponible pour chacun et chacune d’entre nous permettrait d’offrir un répit bien mérité à tous ceux et celles qui peinent à rembourser leurs factures de cartes de crédit. 

Si les surplus sont aussi élevés, c’est parce que, tandis que le gouvernement a passé en revue ses différents postes budgétaires sur le plan des dépenses au cours des dernières années, trop peu a été fait pour évaluer la pertinence d’effectuer une ponction fiscale aussi grande que celle qu’il fait. 

Et cette ponction fiscale, aujourd’hui, est particulièrement élevée. L’on aime se répéter que le Québec a un régime fiscal progressif, où les moins bien nantis paient très peu, tandis que les mieux nantis paient davantage. Pourtant le régime fiscal québécois en est plutôt un où le premier taux est élevé, tandis que le dernier est près d’être confiscatoire. 

Même en ajustant pour l’abattement pour le Québec remboursable, le premier palier d’imposition provincial, à 15% des revenus, est le plus haut taux marginal initial d’imposition au pays, et celui-ci touche directement les familles les moins nanties. La même chose prévaut pour les taux successifs imposés aux Québécois et Québécoises de la classe moyenne. 

Alors que le gouvernement entamera bientôt son processus de consultations prébudgétaires, il est important de lui rappeler que le meilleur moyen de remettre de l’argent dans les poches des Québécois et Québécoises, c’est d’en prendre moins en premier lieu. 

En abaissant de trois points le premier taux d’imposition, et de deux points le taux suivant, c’est près de 4 milliards de dollars que le gouvernement pourrait remettre directement dans les poches des contribuables québécois. 

Cet argent, les Québécois et Québécoises pourraient le réinvestir eux-mêmes, suivant leurs propres priorités. Au lieu d'être engouffré dans un autre schème gouvernemental comme les maternelles quatre ans ou encore les dirigeables Flying Whales, cet argent pourrait servir à diminuer les dettes de nos ménages, permettre aux contribuables de se payer quelques soirées de plus au resto ou d'économiser en vue d'acheter une première maison ou de s’assurer une retraite décente. 

Ultimement, le meilleur moyen, pour le gouvernement, de remettre de l’argent dans les poches de chaque Québécois et chaque Québécoise, c’est d’arrêter d’en prendre autant en premier lieu. 

Renaud Brossard est le Directeur Québec, Fédération canadienne des contribuables