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On s’arrache les sapins québécois

Les États-Unis, Dubaï et les Caraïbes en veulent

Charles Vaillancourt est la troisième génération de sa famille à vendre des sapins.
Photo Courtoisie Charles Vaillancourt est la troisième génération de sa famille à vendre des sapins.

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Les sapins québécois sont tellement recherchés aux États-Unis et aussi loin qu’à Dubaï ou aux Caraïbes, que des producteurs d’ici doivent refuser des clients.

« Il y a vraiment un gros marché pour les sapins de Noël à Dubaï. On les envoie dans des gros conteneurs réfrigérés en bateau. J’ai même dû refuser des commandes cette année venant de là-bas parce que je ne pouvais pas fournir », raconte le propriétaire des Plantations Robert, Daniel Robert, qui vend des sapins depuis 39 ans à Lac-Drolet, en Estrie.

Les Américains sont aussi particulièrement friands de nos conifères pour orner leur maison le soir de Noël.

« Il n’y a pas assez de producteurs aux États-Unis pour fournir à la demande interne », explique Daniel Vanasse de la Ferme D. Vanasse, située à Ayer’s Cliff, aussi en Estrie.

Une tendance qui s’accélère d’année en année, selon les producteurs consultés.

1000 $ aux États-Unis

Le prix de vente chez nos voisins du Sud est plus intéressant pour les producteurs d’ici. Le même sapin peut être vendu 30 % plus cher de l’autre côté de la frontière en raison du taux de change, souligne M. Robert.

« J’ai un revendeur à Manhattan [New York] qui vend de mes sapins à 1000 $ chacun alors que le même ici serait 150 $. Les Américains sont prêts à payer plus cher pour leur arbre », s’étonne-t-il.

Cette demande restera encore très forte de l’autre côté de la frontière pour encore sept à huit ans, environ le temps qu’il faut pour qu’un sapin arrive à maturité, croit le producteur. Une situation qui ne devrait cependant pas nous empêcher d’avoir accès à des arbres locaux.

Par ailleurs, les Québécois qui s’apprêtent à acheter leur sapin de Noël cette année devront sans doute débourser plus pour l’obtenir.

L’hiver difficile l’an dernier a amené une augmentation des prix d’autour de 10 %, selon les producteurs consultés par Le Journal.

« La neige et les grands froids ont été très très tôt l’année dernière. C’est beaucoup plus dur pour la récolte des arbres », explique Charles Vaillancourt, qui est la troisième génération à faire pousser des conifères pour l’entreprise familiale Les Produits Valfei, à Coaticook, également en Estrie.

Un choix écolo

Le scénario a été meilleur cette année, souligne-t-il. Plusieurs d’entre eux ont commencé plus tôt et se sont mieux organisés pour faire face à la température hivernale hâtive.

Bonne nouvelle pour les années à venir, M. Vaillancourt remarque que la clientèle change et rajeunit notamment en raison du mouvement écolo qui se transporte aussi dans les sapins de Noël.

« On prône l’arbre naturel et malgré les doutes, cela reste le choix le plus écologique pour l’environnement. On sent que la culture que nos parents avaient d’aller couper eux-mêmes leur arbre revient dans la jeune génération avec la sensibilisation qu’ils ont à préserver l’environnement », sourit-il.