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Aux trousses des coyotes

L’expertise développée par le guide Mario Côté lui a permis de déjouer de nombreux coyotes comme celui-ci au fil des ans.
Photo courtoisie L’expertise développée par le guide Mario Côté lui a permis de déjouer de nombreux coyotes comme celui-ci au fil des ans.

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Si vous souhaitez relever un défi qui sort de l’ordinaire, vous adorerez pourchasser les canidés hyper rusés et vigilants.

Les plus vieux d’entre nous se souviendront certainement de la bande dessinée Road Runner mettant en vedette un grand géocoucou qui était l’oiseau futé et le pauvre coyote qui n’arrivait jamais à attraper ce dernier.

Il s’agissait d’une émission pour enfant qui déformait les faits, car en vérité, le coyote est un chasseur performant qui a plus d’un tour dans son sac. En fait, ce remarquable coureur, pouvant atteindre une vitesse de pointe de 64 km/h, adapte ses tactiques de chasse en fonction de la taille de sa proie ainsi qu’aux sources de nourriture disponibles.

Depuis deux semaines déjà, il est possible de prélever ces bêtes qui possèdent un pif et une ouïe si développés qu’une odeur ou un bruit peuvent soudainement interrompre ou modifier leur course. La saison qui s’étire sur presque quatre mois se terminera le 31 mars prochain.

Premier contact

Mario Côté, 58 ans, de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, chasse depuis son adolescence. En 1987, ce nemrod cible un chevreuil dans le secteur de Maniwaki, fait feu et ce dernier, mortellement atteint, réussit à parcourir plusieurs centaines de mètres avant de s’écrouler. Il essaye de le localiser une partie de la nuit en vain. Au petit matin, cet adepte reprend ses recherches et découvre la carcasse de son cervidé complètement dévorée par les coyotes.

Dès lors, il décide de pourchasser ces canidés afin de procéder à une certaine déprédation et aussi pour tenter une nouvelle expérience qui deviendra très rapidement une réelle passion.

Engouement

Au fil des temps, M. Côté a développé toutes sortes de techniques et d’approches qui lui ont permis de récolter 320 coyotes en carrière. Il offre même ses services à titre de guide depuis plus de deux décennies.

Son terrain de jeu s’étend sur plus de 500 km² dans le secteur délimité par les municipalités de Saint-Placide, Saint-Lin, Saint-Eustache et Lachute.

Cet expert passe de nombreuses heures par semaine à prospecter son territoire en véhicule afin d’y repérer des coyotes, des empreintes fraîches, des excréments, etc. Il scrute également l’horizon aux alentours des tas de fumier, des lisières de bois, le long des ruisseaux, etc. Puis, en toute fin de journée, il essayera d’entendre des hurlements du crépuscule.

Trucs et astuces

Lorsqu’il découvre une bordure de boisé prometteuse, par exemple, il s’y rend le lendemain matin, de 30 à 45 minutes avant le lever du soleil. Il se positionne à 250 – 300 verges du spot en question, en prenant soin de bien se cacher dans un fossé ou le long d’une clôture et de se fondre dans le paysage. Il revêt un habit de camouflage vert à ce temps-ci ou blanc lorsqu’il y a de la neige au sol. Il ne veut pas être vu ni senti.

Une fois installé, il émet deux ou trois petits cris de lièvre en détresse en se servant des appeaux Conception CP. Chaque call ne doit pas excéder une durée de 10 à 12 secondes. Il recommence le même scénario aux 20 à 30 minutes en s’assurant de changer de tonalité. Il introduira également dans ses séquences des gémissements de femelle coyote pour charmer encore plus les mâles et leur donner aussi l’impression qu’une compétitrice est dans le coin pour lui voler son lunch potentiel.

Quand le prédateur ciblé devient farouche, Mario se sert d’un appelant mécanique FoxPro imitant un lièvre blessé sautant sur place.

S’il n’a pas eu de réponse ou de contact visuel au bout de 60 à 75 minutes, il change de site. Considérant que le potentiel de chasse est vraiment meilleur le matin, il cesse normalement de chasser à la fin de la matinée. La période de l’année la plus productive, selon le spécialiste interrogé, coïncide avec les premières neiges de décembre et de janvier. Plusieurs spécimens se déplacent alors en bande de trois à cinq.

Précision

« La chasse au coyote doit se faire à longue portée. Bien que tous les calibres de carabine, de fusil et de poudre noire, ainsi que l’arc et l’arbalète, soient permis, il est préférable de se servir d’armes performantes telles les .204, .223, .22-250, etc. qui offrent d’excellents groupements à très longue distance », tenait à préciser M. Côté.

À ses débuts, Mario se servait d’une 7 mm avec des boulets de 90 et 100 grains qu’il rechargeait lui-même. Il réussissait à grouper dans 5 cm² à 300 verges. Depuis quelques années, il utilise une .22-250 avec des ogives V Max de 55 grains. Avec cette arme, il loge ses projectiles, dans une circonférence équivalente à celle d’un 10 cents, à 100 verges.

L’utilisation d’un bon télémètre est un atout indéniable pour contrer les chutes balistiques à grande distance.


► Pour en savoir plus, visitez la page Facebook Mario Côté service de guide chasse aux coyotes zone 8 ou composez le 514 825-1693.