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[CARTE INTERACTIVE] À qui appartient Montréal?

Les profs ontariens à la conquête du centre-ville, où leur fonds de pension a fait construire quatre gratte-ciels

Montreal Skyline at sunset from Kondiaronk Belvedere
mbruxelle - stock.adobe.com

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Une poignée de fortunes personnelles et le fonds de pension des profs ontariens ont complètement métamorphosé le centre-ville de Montréal avec leurs nouvelles tours de condos. Elles rivalisent aujourd’hui de hauteur avec les prestigieux gratte-ciels construits dans les années 1960 et 1990.  

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Le Régime de retraite des enseignants de l’Ontario (Teachers) se trouve au cœur de la vague de construction de nouveaux gratte-ciels dans les alentours du Centre Bell à partir de 2012.      

Chaque symbole de cette carte correspond à un édifice. Sa couleur correspond au type d'institution auquel il appartient et son diamètre est proportionnel à sa valeur au rôle. Sélectionnez-le pour en savoir plus à son sujet.

  • Gouvernement
  • En Bourse
  • Privé
  • Caisse de retraite ou investisseur institutionnel
  • Partenariat

La filiale immobilière du fonds de pension, Cadillac-Fairview, a fait construire pas moins de trois tours de condos et une tour de bureaux dans le voisinage immédiat du domicile des Canadiens de Montréal.      

Notre recension exhaustive des grands propriétaires de gratte-ciels à Montréal permet de constater à quel point Teachers domine aujourd’hui le panorama du centre-ville.      

De grandes fortunes personnelles s’y sont mises à peu près en même temps, dans le même secteur. C’est le cas de l’homme d’affaires Giorgio Tartaglino, qui a lancé la construction des tours jumelles du Roccabella, parmi les plus hautes en ville. Il a ensuite fait la manchette durant les audiences de la commission Charbonneau à cause de ses liens financiers avec des proches de l’ancien parrain de la mafia montréalaise Vito Rizzuto.      

James Essaris, qui a fait fortune dans le domaine des terrains de stationnement avec sa firme Stationnement métropolitain, a aussi misé sur ce quartier en construisant sur son lot du boulevard René-Lévesque Ouest la tour Icône, presque de la même hauteur que les tours du Roccabella.      

«Ce sont des promoteurs locaux qui ont des visions et qui prennent des risques, dit Pierre Laliberté, consultant en immobilier ayant travaillé une quarantaine d’années au centre-ville de Montréal. Ils ont acheté des terrains en espérant, et ils ont été chanceux!»      

Ascension fulgurante  

Parmi ces promoteurs, figure aussi l’homme d’affaires Kheng Ly. Personne ne le connaissait avant qu’il n’acquière un terrain de 28 M$ à deux coins de rue à l’ouest du Centre Bell, boulevard René-Lévesque Ouest, en 2011.      

En 2004, la Couronne ontarienne l’a toutefois accusé d’avoir blanchi de l’argent pour le compte de narcotrafiquants d’Ottawa, avant d’abandonner les charges contre lui. Son partenaire d’affaires a purgé 16 mois de prison à l’époque.      

Huit ans plus tard, son entreprise Brivia lançait la construction du YUL, un projet de 300 M$ incluant deux tours jumelles de 38 étages.       

Avec ses partenaires, il multiplie les projets et doit commencer l’an prochain la construction du 1, Square Phillips, un gratte-ciel de 61 étages qui rivalisera notamment avec les tours Maestria de Devimco pour devenir le plus haut immeuble résidentiel en ville.      

La firme familiale Broccolini en mène aussi de plus en plus large. Après avoir érigé la tour de condos et de bureaux L’Avenue, sixième plus haut immeuble en ville, elle prend littéralement le contrôle de ce qui reste de terrains sur la rue Saint-Jacques, en face de la Tour de la Bourse.       

Le constructeur doit y ériger coup sur coup trois gratte-ciels côte à côte : deux tours de condos et le nouveau siège social de la Banque Nationale.