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Doug Ford, de rebelle à pacificateur

La question du français a rarement été source d’amusement entre Ottawa et Queen’s Park.
Photo PC La question du français a rarement été source d’amusement entre Ottawa et Queen’s Park.

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L’image était saisissante. Doug Ford et Justin Trudeau, assis côte à côte, tout sourires, badinant sur les progrès de l’apprentissage du français du premier ministre ontarien.

« Connaissez-vous un bon professeur ? » s’est enquis Doug Ford auprès du chef libéral, après avoir lancé un « merci » aux journalistes.

« J’en étais un, mais je suis un peu occupé en ce moment », a répliqué à la blague M. Trudeau.

L’échange a été capté par les caméras dans le bureau du premier ministre à Ottawa vendredi matin, avant une rencontre privée entre les deux élus.

On aurait presque oublié que M. Ford est en guerre ouverte contre le plan environnemental du fédéral. Et que Justin Trudeau a passé l’essentiel de la campagne électorale à diaboliser le gouvernement Ford à des fins politiques, avec succès d’ailleurs.

La question du français a rarement été source d’amusement entre les deux administrations. On se souvient de l’épisode des coupes dans les services aux Franco-Ontariens, prestement critiquées par Ottawa.

Le fédéral est intervenu financièrement afin de sauver le projet d’université franco-ontarienne. Queen’s Park a accepté l’offre et a remis le projet sur les rails. Doug Ford a lui-même soulevé le dossier durant la rencontre. Les temps changent.

Rassembleur

Devant la presse, l’Ontarien s’est posé en grand rassembleur au sein d’une fédération en ébullition. Les relations sont glaciales entre la Colombie-Britannique et l’Alberta. Le premier ministre de cette province, Jason Kenney, passe son temps à se chamailler avec Ottawa et le Québec. Le chef fédéral conservateur Andrew Scheer continue de jouer de sa rhétorique électorale.

Pendant ce temps, les séparatistes de l’Ouest s’organisent.

M. Ford a gentiment demandé à tout ce beau monde de tempérer leurs ardeurs et de baisser le ton.

Il y a un an, M. Ford apparaissait sur la couverture d’un influent magazine politique, flanqué de quatre autres leaders conservateurs, dont M. Scheer.

Ces derniers se posaient en résistants à Justin Trudeau et à sa taxe carbone. Cette alliance montrait déjà des signes de faiblesse. Les propos de M. Ford ne sont pas de nature à la renforcer.

Scheer isolé

M. Ford demeure très impopulaire dans sa province. Il doit démontrer à sa population qu’il est capable de livrer la marchandise. Pour y arriver, il aura besoin de la coopération du gouvernement fédéral.

Les relations ne sont pas au beau fixe entre les entourages de MM. Ford et Scheer.

Le premier ministre ontarien déplore avoir été mis de côté durant la campagne électorale fédérale.

Les conservateurs fédéraux, eux, accusent leurs cousins provinciaux d’avoir inutilement entaché la marque conservatrice avec des compressions dans les services à la population mal avisés.

Doug Ford n’a pas voulu se mêler des déboires d’Andrew Scheer, qui se bat pour sa survie politique. Il a, tout au plus, souligné son travail acharné durant la campagne électorale.

Le rapprochement entre Queen’s Park et Ottawa ne fait rien pour aider M. Scheer, qui se retrouve encore plus isolé.