/finance/news
Navigation

Investir dans son REER pour soi et ses enfants

Coup d'oeil sur cet article

Pas facile d’épargner 

Question de Jean-Philippe Gagné 

J’ai lu votre article du 2 novembre dernier sur la cotisation à un REER, mais je peux difficilement déposer 2500 $ par année comme vous le recommandez. J’ai maintenant 4000 $ dans mon REER. J’ai 32 ans et je crois pouvoir déposer près de 2000 $ annuellement. Si j’effectue le même versement jusqu’à 55 ans, quel est le montant du REER auquel je pourrais m’attendre ? 

RÉPONSE 

Notre expert Yves Gratton, conseiller en sécurité financière et représentant en épargne collective, qui avait proposé ce scénario de cotisation dans la chronique mentionnée par M. Gagné a fait le calcul. 

« Avec une hypothèse de 6 % de rendement et des dépôts annuels de 2000 $, il aura accumulé 124 000 $ à l’âge de 55 ans », indique-t-il. Toutefois, M. Gratton souligne qu’il faudra bien évaluer la tolérance au risque, car le rendement espéré ne pourra se faire qu’avec un portefeuille composé d’environ 60 % d’actions et 40 % de revenus fixes.  

« Ce type de placement génère une volatilité un peu plus forte que la moyenne. Plus on est jeune, plus on est susceptible d’opter pour un profil de placement de type croissance ou croissance élevée, autrement dit plus risqué, mais aussi plus payant », ajoute le conseiller. 

Mais le placement n’est pas tout. À l’autre bout du spectre, il y a aussi toute la question du décaissement au moment de la retraite, afin d’optimiser la durée de vie de vos économies en réduisant les impôts à payer lorsqu’on retire progressivement les placements. Une stratégie qui mérite une bonne réflexion, comme nous allons le voir dans la question suivante. 

Que faire pour en laisser plus aux enfants 

Question d’Huguette Fournier  

Vous prêchez souvent d’épargner pour avoir un bon REER à la retraite. Mais rendu à 71 ans, on devra commencer à décaisser obligatoirement et si on décède vers 80-85 ans, avec les impôts à payer pour la succession, la moitié s’en ira au gouvernement. Que suggérez-vous pour qu’il en reste plus à nos enfants ? Si on prend une assurance-vie à 70 ans, cela coûte très cher. Avez-vous une recommandation ? 

RÉPONSE 

Jean-Philippe Vézina, fiscaliste et planificateur financier de l’Équipe Jean-Maurice Vézina, conseille à notre lectrice de consulter un planificateur qui pourra préparer un plan de décaissement adapté à sa situation.  

« Durant la vie active, les stratégies de report d’impôts, comme le REER et les placements corporatifs, sont gagnantes. Mais à la retraite, en reportant toujours à plus tard, on crée une “bulle” fiscale qui augmente progressivement. Ainsi, l’impôt peut devenir votre principal héritier ! » dit-il.  

Or, un plan de décaissement permet de mettre des stratégies en place afin d’équilibrer la facture fiscale au fil des ans en retirant l’argent des différents comptes d’actifs, évitant ainsi de créer cette fameuse « bulle » fiscale. Sachez que, uniquement en modifiant l’ordre de décaissement de vos actifs, cela pourrait avoir un impact majeur sur votre retraite. 

« De plus, selon les situations, il pourrait être intéressant de décaisser davantage de REER sur plusieurs années afin de maximiser le CELI ou même de payer les primes d’une assurance-vie. Comme notre système d’imposition fonctionne par palier, il est optimal d’utiliser les stratégies de fractionnement de revenus », souligne Jean-Philippe Vézina. 

Par exemple, si au décès il reste 300 000 $ dans le REER, une partie sera imposée au taux marginal le plus élevé, soit 53,31 %. En revanche, si la personne avait, durant sa retraite, retiré annuellement 6000 $ net de plus du REER pour maximiser le CELI, elle n’aurait pas payé 53,31 % sur ce retrait. Et au décès, son REER n’aurait pas été de 300 000 $, étant donné qu’une bonne partie de la somme aurait été déposée dans le CELI, soit un compte libre d’impôts. Cela dépend bien sûr de votre situation.