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Marie-Ève Dicaire a gagné

Marie-Ève Dicaire était en pleine forme hier pour sa pesée à la veille de son combat contre Ogleidis Suarez.
Photo Didier Debusschère Marie-Ève Dicaire était en pleine forme hier pour sa pesée à la veille de son combat contre Ogleidis Suarez.

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QUÉBEC | Marie-Ève Dicaire a gagné. Hier, vers 16 heures. Dans le resto-bar du Bonne Entente. Je jasais avec une journaliste quand on a entendu sa voix. Celle de Marie-Ève Dicaire. Enjouée, souriante. Comme d’habitude. Comme trop souvent même, soutiennent quelques esprits chagrins.

Elle s’est jointe à la conversation. Ouverte et animée. Fière de son camp d’entraînement. Fière d’avoir pu manger deux œufs et du jus le matin de la pesée. Fière de savoir qu’elle pourrait sans doute se battre à 147 livres, mais qu’elle entend passer la moppe chez les 154 avant que ça n’arrive.

En fait, juste fière. Et moi, enfin conquis à mon tour.

Elle respecte Ogleidis Suarez, son adversaire venue du Venezuela. Elle a visionné quelques vidéos pour savoir comment entreprendre le combat. Après, avec son approche habituelle très cérébrale, elle va s’adapter. Mais j’ai visionné aussi ces vidéos sur YouTube et je connais déjà le résultat du combat. Décision unanime et domination complète de la Québécoise. Ogleidis Suarez n’a pas la vitesse ni la puissance pour vaincre Marie-Ève Dicaire. Aussi simple que ça.

D’ailleurs, son coach Stéphane Harnois ne cache pas la vérité.

« Je pense que Suarez va être meilleure qu’on croit. Marie-Ève pourrait perdre une couple de rounds. »

L’autre combat déjà gagné par Mme Dicaire, c’est l’achalandage au Centre Vidéotron pour son combat. On s’inquiétait très fort dans les premières semaines, mais Yvon Michel et Martin Tremblay devraient vendre 2000 tickets. C’est la moitié d’une défense de titre pour Adonis Stevenson. Rien de déshonorant.

Mais la soirée coûte cher. Il y a cinq combats de championnat. Ça veut dire 50 000 $ en frais de sanction auprès de la Régie des alcools, des courses et des jeux, et des fédérations internationales.

SÉBASTIEN BOUCHARD, UN TROISIÈME TRIO

Il y a des conversations qui me serrent la gorge. Hier, c’était avec Sébastien Bouchard. Un homme magnifique, amoureux, père et depuis un an, boxeur à temps plein.

Magnifique de courage et de conscience. Il sait qu’il joue son va-tout. S’il gagne le dur combat qu’on lui a préparé, il pourra peut-être négocier un bon contrat avec un promoteur puisqu’il sera autonome en mars prochain.

Sébastien Bouchard a toujours travaillé dur au port de Québec. Il a lâché la job pour travailler 10 fois plus dans la boxe. Il rêve de gagner quelques bourses généreuses pour offrir quelques économies à sa famille. Une couple de cent mille, mettons.

Sébastien fait partie des 400 meilleurs boxeurs au monde. Dans le hockey, il jouerait sur un troisième trio à 3 millions par année.

« Et je ne mangerais pas des coups de poing dans la face à tous les combats. Je n’aurais pas mal partout après les entraînements et les combats. Mais j’aime la boxe, j’ai la passion. Quels sont les hommes qui vivent ce que je vis dans un ring ? »

Puis, il m’a laissé pour aller trouver sa blonde et leur bébé...