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Terrebonne forcée de reprendre son greffier

Des contrats avaient été donnés à la firme de sa femme

POL
Photo d'archives, Martin Alarie Denis Bouffard, que l’on voit ici lors d’une assemblée du conseil en 2016, a été greffier pendant 31 ans à Terrebonne, avant de démissionner. Il pourra reprendre ses fonctions.

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La Ville de Terrebonne est forcée de réembaucher son ancien greffier qui avait recommandé l’octroi de contrats à une firme qui employait sa femme.  

C’est ce que le Tribunal administratif du travail (TAT) a ordonné jeudi après avoir tranché sur un litige qui opposait Terrebonne à son ancien employé, Denis Bouffard. 

En février, notre Bureau d’enquête avait révélé que le directeur des affaires juridiques de Terrebonne, M. Bouffard, avait démissionné après que nous avions appris à son employeur qu’il avait recommandé l’octroi de p lus de 1,3 million $ de contrats publics sur neuf ans à la firme d’avocats pour laquelle travaillait sa femme. 

Soigner l’image 

Selon la décision du TAT, le directeur général de Terrebonne, Alain Marcoux, aurait contraint le greffier à démissionner rapidement, après avoir appris que notre Bureau d’enquête étudiait le dossier.  

M. Bouffard n’aurait disposé que de quatre heures pour faire un choix entre remettre sa démission ou faire face à une suspension et une recommandation de destitution au conseil municipal pour conflit d’intérêts. 

Pour le juge administratif François Demers, il s’agit là d’un « congédiement déguisé ».  

« La méthode utilisée pour obtenir la démission rend l’exercice abusif en ce que le directeur général de la Ville a imposé un délai de réponse irréaliste uniquement pour soigner l’image publique de la Ville », a-t-il écrit dans son jugement.  

Il a ordonné la réintégration de M. Bouffard dans ses fonctions dans les 30 jours, mais a rejeté une autre plainte en harcèlement psychologique. 

La Ville persiste et signe  

Terrebonne a fait savoir hier, par voie de communiqué, qu’elle compte utiliser les 30 prochains jours pour analyser toutes les options possibles.  

La ville de la Rive-Nord a également rappelé que le Tribunal s’était prononcé uniquement sur la question de la démission et non sur le fond du dossier, « à savoir : la question cruciale du manque d’éthique, du possible conflit d’intérêts de Monsieur Bouffard ou encore du bris évident du lien de confiance entre l’administration publique et son ancien employé ». 

Au moment de publier ces lignes, M. Bouffard ne nous avait pas rappelés.