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Les additifs sous la loupe

At the Supermarket: Beautiful Young Woman Browses through the Canned Goods Section of the Store. She Checks Nutritional Value of Strawberry Jam. She Has Shopping Basket Full of Healthy Food Items.
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Plus de 450 additifs alimentaires sont autorisés par Santé Canada. Ces additifs, aux noms souvent incompréhensibles, éveillent la méfiance des consommateurs. La tendance est aux aliments clean label, dépourvus d’additifs, ce qui représente un défi de taille pour l’industrie. Le point sur les additifs. 

Qu’est-ce qu’un additif ? 

Un additif alimentaire est un composé chimique ajouté à un aliment dans le but d’en modifier les caractéristiques. Cet ajout vise un objectif spécifique ; l’optimisation de la conservation, de la texture ou de la stabilité du produit, par exemple. Ils sont utilisés depuis longtemps par l’industrie alimentaire.  

La méfiance des consommateurs 

Selon une étude réalisée par l’UQAM en 2018, 70,7 % des Québécois considèrent « important » ou « très important » de consommer des produits sans OGM, antibiotiques ou additifs. Qui plus est, 70 % des consommateurs croient que la présence d’additifs alimentaires influencera le goût du produit, et 80 % estiment qu’elle affectera la qualité nutritionnelle. Après la guerre aux gras, puis aux sucres, les additifs sont maintenant sur la sellette.  

La réglementation  

L’emploi des additifs est régi par le Règlement sur les aliments et drogues. Pour que l’utilisation d’un additif soit autorisée, le composé doit être reconnu par Santé Canada comme sécuritaire aux doses permises. Si 450 additifs sont autorisés dans l’alimentation traditionnelle, seulement 55 d’entre eux peuvent être utilisés dans le cas d’une certification biologique. Les composés les plus souvent utilisés par l’industrie sont les polysaccharides, les édulcorants et les agents de conservation.  

Les polysaccharides  

Les polysaccharides, aussi appelés gommes alimentaires, sont très présents dans les aliments puisque leur utilisation est multiple. Ces gommes peuvent être utilisées à titre d’agent gélifiant ou émulsifiant, de stabilisateur ou même pour optimiser la teneur en fibres des produits. Les polysaccharides proviennent de plantes (amidon, cellulose, etc.), de l’action d’une bactérie (xanthane), d’algues (agar, carraghénane) ou encore de graines d’une légumineuse (guar). L’utilisation des polysaccharides est en hausse depuis quelques années. Si des doutes ont été émis sur la gomme xanthane et la carraghénane, notamment puisqu’ils seraient associés à des troubles intestinaux, les données scientifiques récentes ne sont pas suffisantes pour confirmer de tels effets. 

Les édulcorants  

Les édulcorants sont des molécules à très fort pouvoir sucrant, ne contenant pas de calories. Ils sont largement utilisés dans les boissons et produits diététiques. On reproche aux édulcorants de favoriser le gain pondéral et d’affecter l’homéostasie intestinale. Leur consommation aurait un effet défavorable sur la composition de la flore intestinale ce qui affecterait la gestion du poids et occasionnerait des troubles intestinaux.  

Les édulcorants naturels sont-ils de meilleurs choix ? La popularité de ces faux sucres, de plus en plus prisés par l’industrie alimentaire, est grandissante : notamment celle du stévia et du fruit du moine. Pour l’instant, les études sont insuffisantes pour conclure qu’elles sont de meilleures options. Un dossier à suivre !  

Les agents de conservation  

L’utilisation des agents de conservation est très répandue. Un produit doit avoir une durée de vie suffisante en magasin pour éviter les pertes importantes. Il existe quatre catégories de conservateurs : les agents de salaison, les antimicrobiens, les antifongiques ainsi que les antioxydants.  

Parmi ceux-ci, les plus souvent mis au banc des accusés sont l’acide benzoïque et l’acide propionique, des agents antimicrobiens et antifongiques. On reproche au premier des réactions d’hypersensibilité et d’allergies (asthme, rougeurs, démangeaisons) voire un lien avec l’hyperactivité. Quant au deuxième, on le cible comme perturbateur métabolique impliqué dans le développement du diabète et de l’obésité, et on craint qu’il ne puisse également provoquer des migraines. La science réelle dresse d’autres conclusions : l’acide benzoïque est excrété très rapidement par l’organisme, et le risque sur la santé serait faible, lorsque les quantités consommées sont respectées.  

Conclusion 

Chose certaine, même si les études n’arrivent pas à des résultats probants concernant leur nocivité, la réduction de la consommation d’additifs alimentaires est souhaitable. Plusieurs entreprises ont fait un travail considérable pour éliminer ou réduire significativement la présence d’additifs. Pensons aux charcuteries sans nitrites, aux tartinades de fruits sans sucre, ni additifs ou encore aux autres produits enrichis de vitamine E au lieu de contenir d’autres agents de conservation.  

Personnellement, j’ai toujours été en faveur d’une alimentation la plus « propre » possible. Si chaque additif pris isolément n’a pas d’impact néfaste sur la santé (en petite dose), qu’en est-il de leur effet cumulatif lorsqu’un produit en contient plusieurs ou encore lorsque la consommation d’aliments ultra-transformés est importante ? Un doute persiste, et je ne peux que continuer à encourager les produits présentant le moins d’additifs possible. 


 

Merci à Vanessa Daigle, nutritionniste, pour sa précieuse collaboration à cet article. Suivez mon blogue pour d’autres conseils en nutrition : isabellehuot.com .