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Souci environnemental

Urgence climatique
Photo d’archives, Ygreck L’ambivalence du premier ministre Trudeau, un vrai souci pour les Canadiens !

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L’environnement est passé au premier rang des préoccupations des Canadiens, selon un sondage Environnics, et de façon encore plus marquée du côté québécois.

Le sujet a d’ailleurs chamboulé le premier ministre Trudeau dans la formation de son cabinet ministériel. Son chassé-croisé plaçant Steven Guilbault au Patrimoine et Jonathan Wilkinson à l’Environnement soulage les provinces pétrolières, mais exaspère les environnementalistes.

Pragmatistes et radicaux se renvoient la balle sans s’écouter. Entre apocalypse et effondrement économique, le travail d’équilibriste n’est pas une sinécure.

À l’instar d’Isabelle Pierre qui chantait avoir deux amis qui sont aussi ses amoureux et qui font son bonheur, moi, j’ai la chance d’avoir deux amis férus d’environnement qui maintiennent ma conscience en alerte.

Fred

Frédéric Legault, professeur d’université retraité et encore étudiant, est obsédé par les problèmes environnementaux sans toutefois faire preuve de catastrophisme. C’est lui qui, à travers nos conversations, va m’annoncer les éventuelles pénuries de matériaux, les disparitions d’espèces animales et la dégradation des conditions de vie. Notre confort occidental s’altère et les effets négatifs continueront de se faire sentir même lorsque les dispositions auront été prises pour s’attaquer aux problèmes de pollution et de réchauffement climatique.

Pour lui, la question est de savoir à quel moment les décideurs comprendront la nécessité d’agir et prendront les moyens pour enrayer les facteurs polluants. Il ne croit pas que la fin du monde sera la conséquence des négligences humaines et que les détériorations seront irréversibles. Cependant, il est convaincu qu’il faudra deux ou trois siècles pour un retour à la normale.

Le plus dramatique pour lui, ce sont les inégalités découlant de la dégradation environnementale. En effet, le Québec pourrait devenir la Floride du Nord avec fruits et bêtes exotiques tandis que les pays du Sud se transformeraient en déserts et terres incultes. L’exploitant s’en tirant à bon compte, les migrants ne pourront que s’encourager à poursuivre leur exode.

Christian

Christian Payeur était à l’unité recherche de la CSQ lorsque je l’ai connu dans les années 80. Travailleur infatigable, il a cofondé la Fondation Monique-Fitz-Back. Cet organisme, voué à la promotion de l’éducation relative à l’environnement et à un milieu sain dans la perspective d’un développement durable, a soutenu des centaines d’initiatives de jeunes et de moins jeunes pour un meilleur environnement depuis sa création.

Il fonde ses espoirs dans le partage de la connaissance et dans l’engagement des jeunes. Pour lui, la science et les recherches sont une clé pour résorber les dégradations environnementales, dans la mesure où les populations deviennent conscientes de l’urgence d’agir. Le pragmatisme ne doit pas servir d’excuse pour retarder les actions contre le réchauffement climatique, car les effets collatéraux d’une telle négligence se traduiront par la montée du radicalisme au niveau des actions.

Mes deux amis ne désespèrent pas pour la planète, toutefois ils sont exaspérés de l’ambivalence de nos gouvernements qui ne se résolvent pas à entreprendre une transition sérieuse.

L’ambivalence du premier ministre Trudeau, un vrai souci pour les Canadiens !