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Je ne suis pas raciste, mais...

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Vendredi, la Commission de la sécurité publique a tenu une assemblée sur le profilage racial, encore très présent à Montréal. Les personnes noires, arabes et autochtones se font plus souvent interpeller par les autorités. C’est comme si la police leur disait : je ne suis pas raciste, mais ta couleur de peau m’indique que je ne peux pas te faire confiance. 

Ça s’est passé un soir du temps des Fêtes en 2017. Thomas et son ami français, venu le visiter pour les vacances, se sont fait menotter, séparer et embarquer dans une auto de police, alors qu’ils sortaient du métro. La raison ? On les a pris à tort pour des membres d’un gang de rue. Pendant 30 minutes, impossible pour eux de clamer leur innocence, on les empêchait de parler. Thomas et son ami sont noirs. 

L’ami est reparti en France plus tôt que prévu. Il ne se sentait pas en sécurité ici.

Et si on remplaçait le « mais » par un « et » ?

Une étude récente commandée par la Ville de Montréal révèle que dans la métropole, les personnes noires sont 4,2 fois plus à risque de se faire interpeller par la police que les personnes blanches. Les Autochtones eux, ont 4,6 fois plus de chances d’être interpellés.

Pour les Blancs, se promener dans la rue librement, c’est normal. Pourtant, il s’agit d’un privilège. Quand on ne vit pas de discrimination, difficile de mesurer à quel point c’est traumatisant.

Je rêve du jour où tous les intervenants de la société apprendront à se mettre dans la peau (parfois plus foncée) de l’autre et diront :

Je ne suis pas raciste et je ne te crains pas.

Je ne suis pas raciste et je te fais confiance. 

Je ne suis pas raciste et je fais tout en mon pouvoir pour que la société ne le soit plus.

  • Madeleine Pilote-Côté est diplômée de l’École nationale de l’humour. Elle a remporté notre compétition « Les novices », visant à faire connaître à nos lecteurs de nouveaux chroniqueurs d’opinions.