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Les décomptes numériques n’améliorent pas la sécurité des piétons

Une étude montréalaise met en doute l’utilité du compteur des feux pour piétons

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 Les décomptes numériques sur les feux piétons n’aident pas de façon significative à la sécurité des piétons. C’est l’une des conclusions de chercheurs montréalais qui invitent la Ville à mettre en place un projet pilote avant de multiplier les feux avec décompte sur l’île.  

 « On pensait que ça aiderait les gens à ne pas se précipiter dans la rue s’il reste peu de temps, mais ce n’est pas du tout le cas, du moins avec l’échantillon que nous avons analysé », remarque le chercheur de l’Université McGill Luis Miranda-Moreno.  

 Il souligne que les décomptes provoquent même, parfois, des comportements dangereux autant des automobilistes que des piétons. 

 L’étude réalisée en collaboration avec des chercheurs de l’école de gestion HEC Montréal est d’envergure. Les experts ont collecté des données sur 80 % des intersections dotées de feux de circulation dans la métropole, en plus de faire de l’observation sur le terrain pour analyser la géométrie de chaque coin de rue. 

 Évidemment, le travail des scientifiques publié début novembre fait de nombreux constats. Parmi eux, ils concluent que les feux piétons (silhouette et main clignotante) aident à la sécurité, mais impossible d’en dire autant des décomptes numériques souvent jumelés à ces feux. 

 La semaine passée, la mairesse Valérie Plante a annoncé que 58,5 millions $ seront utilisés pour ajouter des feux piétons avec décompte numérique à toutes les intersections déjà munies de feux de circulation. 

 Mieux utiliser l’argent 

 Mais la Ville devrait d’abord faire un projet pilote pour s’assurer de l’utilité des décomptes numériques déjà en place, croit M. Miranda-Moreno. Un avis que partage l’expert en transport Nicolas Saunier. 

 « Peut-être qu’on pourrait faire une utilisation plus judicieuse d’une partie de l’argent », dit le professeur à Polytechnique, suggérant par exemple de multiplier l’acquisition de détecteurs pouvant modifier la phase de feu vert en présence d’un piéton, soit par chaleur thermique ou par caméra. La Ville en possède déjà 950, alors que 2300 intersections ont des feux de circulation. 

 Au cabinet de la mairesse Plante, on indique que l’étude ne considère pas « tous les changements annoncés » par l’administration.  

 L’ajout de feux piétons avec décompte aidera les « usagers plus vulnérables à mieux comprendre le moment adéquat pour traverser », a-t-on fait valoir.  

 Aucune réponse n’a été fournie à notre question concernant la pertinence d’effectuer un projet pilote avant d’installer des décomptes numériques partout sur le territoire. 

 ►24% - Les risques de collisions à une intersection chutent de 24 % lorsqu’il y a une phase exclusive aux feux piétons (quand tous les feux d’une intersection sont rouges) 

 Source : Étude sur la sécurité des piétons réalisée par Luis Miranda-Moreno et al. 

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