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Les toutes premières espadrilles écoresponsables sont québécoises

Way Running veut mettre fin au gaspillage dans l’industrie de la chaussure

Mathieu Desjardins (à gauche), Dmitry Rusakov (à droite) et Mick Kaplan (absent sur la photo) sont les fondateurs de Way Running. Ils tentent présentement d’amasser des capitaux pour donner de l’élan à leur entreprise naissante.
Photo courtoisie Mathieu Desjardins (à gauche), Dmitry Rusakov (à droite) et Mick Kaplan (absent sur la photo) sont les fondateurs de Way Running. Ils tentent présentement d’amasser des capitaux pour donner de l’élan à leur entreprise naissante.

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Chaque année, 300 millions de paires de chaussures se retrouvent à la poubelle. Une véritable tragédie environnementale. Mathieu Desjardins et ses deux partenaires croient qu’ils ont la solution pour contrer ce fléau : la première paire d’espadrilles écoresponsables.

Les souliers de course sur le marché sont saturés d’artifices et d’innovations censées vous faire courir plus vite, mais qui contiennent souvent des matériaux et du plastique non recyclables. 

Mais chez Way Running, on n’ajoute pas de gimmicks. 

Entièrement recyclables

« On peut récupérer les chaussures et en disposer correctement, car on utilise des matériaux naturels. Tout le quartier du haut est fait de laine de mérinos et d’une fibre végétale entièrement compostable. Quant au bas du soulier, la semelle d’absorption est faite d’une nouvelle technologie et est entièrement recyclable, tout comme le plastique qu’on utilise », explique Mathieu Desjardins. 

Vous usez vos souliers jusqu’au bout, vous les remettez dans la boîte d’origine et Way Running se charge de les recycler !

Sociofinancement

L’entreprise de Montréal, mise sur pied par Mathieu Desjardins, Dmitry Rusakov et Mick Kaplan, commence en ce moment ses activités avec une campagne de sociofinancement sur Kickstarter. 

D’ailleurs Mathieu et Dimitry travaillent toujours pour un employeur dans l’industrie du sport à Montréal. 

« On a encore chacun nos emplois, car on a besoin de travailler encore », dit Mathieu. 

Pour l’instant, l’entreprise offre un seul prototype de chaussure. L’argent récolté par l’entremise de Kickstarter permettra d’ouvrir les autres moules et d’offrir toutes les grandeurs.

« Avec un investissement minimum, Kickstarter te permet de démontrer que ton produit se vend. Ensuite, tu as un plus gros levier lorsque tu rencontres des investisseurs privés en leur montrant qu’il y a de l’intérêt chez les gens », explique Mathieu Desjardins.

Mais, d’où l’idée est-elle venue ? 

« Pour un voyage en Asie, mon partenaire avait besoin d’une paire de chaussures de course et d’une autre, plus confortable. Il s’est posé la question : pourquoi ça n’existe pas une bonne chaussure de course que tu peux porter sans avoir l’air d’être déguisé en coureur quand tu vas dans des réunions ? Quand il a reçu plus tard en cadeau une paire de bas en laine de mérinos pour courir l’hiver à Montréal, il a vu que ça gardait chaud l’hiver et frais en été. C’est là qu’on s’est demandé : peut-on fabriquer des souliers avec cette matière-là ? Avec la tendance des produits écoresponsable, on s’est dit “OK, ça peut être un projet” », raconte Mathieu Desjardins.

Encore des défis

Convaincre des coureurs qui s’achètent en ce moment des Nike a 250 $ représente un défi pour l’entreprise.

 « Nos chaussures sont performantes, mais on ne vise pas les marathoniens professionnels non plus. On cherche le coureur qui court pour lui et non pour un temps », dit Mathieu, qui court lui-même plusieurs fois par semaine. 

« Notre mantra c’est que la course à pied c’est bon pour le corps et pour le mental, et ce devrait l’être aussi pour l’environnement. »