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Une cour d’école qui permet de diminuer la violence

La direction a observé une baisse de 70% des gestes non désirés grâce aux rénos

École LaRocque
Photo Alex Drouin Les enfants qui fréquentent l’école LaRocque de Sherbrooke profitent de leurs nouvelles installations pour se défouler.

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SHERBROOKE | Une école primaire de l’Estrie où les enfants étaient turbulents, voire agressifs entre eux, a réussi à redresser la situation grâce à la revitalisation de sa cour. 

« Il y avait un enjeu de violence lors des récréations, et la construction de notre cour d’école a fait en sorte que ç’a diminué d’environ 70 % les gestes de violence », allègue le directeur de l’école LaRocque de Sherbrooke, Jean-François Gagné.  

Il y a environ deux ans, il n’y avait que de l’asphalte et un seul module de jeux.  

Depuis cet automne, on y retrouve une section pour le soccer, plusieurs modules de jeux, un trampoline, une zone pour s’asseoir et lire ainsi qu’une vingtaine d’arbres.  

Au printemps, une trentaine d’autres seront ajoutés ainsi qu’environ 400 végétaux de plus petite nature. 

« Les professeurs ont constaté que les enfants étaient beaucoup plus calmes cette année lors du retour des récréations », a souligné le directeur de cet établissement de 250 élèves, dont environ cinquante sont suivis en adaptation scolaire.  

Le projet est évalué à près de 1 million $ et provient, entre autres, de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, de la Ville de Sherbrooke et de certaines entreprises privées.  

L’idée de deux parents 

Il s’agit d’une initiative d’un couple de professeurs du cégep de Sherbrooke, Julie Bernard et Patrick Chabot, dont les quatre enfants âgés de 5 à 10 ans fréquentent l’école LaRocque. Lui est professeur de sociologie, et elle, de philosophie. 

Ils connaissaient la réputation de cette école défavorisée qui ne se trouve qu’à quelques mètres de leur résidence, et plutôt que d’envoyer leurs enfants dans une autre institution scolaire, les parents ont décidé de réaliser ce projet novateur. 

« Lorsque tu es parent, tu souhaites ce qu’il y a de mieux pour tes enfants », soutient l’homme de 53 ans.  

Les deux enseignants ont fait plusieurs recherches sur le sujet au cours des quatre dernières années et, avec leurs enfants, ils ont visité plusieurs établissements scolaires de Boston à l’été 2017, là où ce genre de cour d’école est très répandu.  

Des cobayes 

« Nos enfants ont été nos cobayes », a-t-il lancé à la blague.  

Or, les enfants du couple ne sont pas les seuls à s’être impliqués dans la création de cet espace puisque les élèves de l’école LaRocque ont fait des dessins de leur cour de récréation idéale.  

Avec les recherches de M. Chabot et de Mme Bernard, et avec l’aide d’architecte et d’ingénieur, l’école a finalement approuvé les plans de la nouvelle cour. 

« C’est rassurant de voir que nos enfants pourront bénéficier du meilleur de ce qu’offre cette école, y compris la cour d’école », a conclu la mère de 39 ans qui est membre du Conseil d’établissement depuis la rentrée scolaire de 2014-2015.