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Écouter, mais encore...

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C’est devenu le nouveau mot magique. Une réelle incantation du monde politique. Une formule universelle pour donner l’impression de veiller au grain. Écouter. Écouter les militants, écouter les Québécois, écouter les régions, écouter les sondages aussi, je présume.

On en a eu une belle preuve lors du congrès libéral. Ce devait être le lancement du « débat d’idées » de la course à la direction entre Dominique Anglade et Alexandre Cusson. Or on a eu droit à un départ au ralenti. Voyez-vous, il faut commencer par « écouter » pour se « reconnecter » avec les régions et les électeurs francophones. 

D’ailleurs, cette recette miracle nouveau genre du leadership politique a aussi gagné la capitale fédérale. La nouvelle vice-première ministre Chrystia Freeland en a fait son refrain. Pour sauvegarder l’unité nationale, contrer l’aliénation de l’Ouest, elle aussi compte écouter. Elle nous promet même de prendre des notes dans son petit calepin qu’elle traîne partout. Vieux réflexe de journaliste, dit-elle.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Stratégie d’évitement 

Écoute active, écoute condescendante, écoute attentive, empathique, constructive. À chaque objectif son style d’écoute. 

J’en proposerais un nouveau : l’écoute politique. C’est un peu comme la consultation (qu’aime tant Justin Trudeau), mais cette fois-ci, vous laissez entendre que ça va servir à quelque chose.  

En politique comme ailleurs, consulter, sonder, écouter, c’est l’étape du diagnostic. 

Dominique Anglade a été vice-première ministre du Québec, Alexandre Cusson, président de l’UMQ. Ils devraient déjà comprendre les causes du divorce avec l’électorat francophone. 

Du même souffle, la ministre la plus influente du gouvernement fédéral devrait déjà comprendre les causes du ras-le-bol qui souffle sur les provinces des Prairies.

Aussi à la mode soit-elle, l’écoute politique semble avant tout un aveu. Celui de vouloir acheter du temps. L’aveu de n’avoir pas encore développé de réponse cohérente à des défis politiques au Québec comme dans l’Ouest qui ne sont pourtant pas nouveaux.