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Luc Ferrandez traite Benoit Dorais de menteur

Il confirme que la Ville a sabré les investissements au printemps

Luc Ferrandez
Photo d'archives, MARIO BEAUREGARD Luc Ferrandez

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L’ancien maire de l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal Luc Ferrandez accuse le président du Comité exécutif Benoit Dorais de mentir à la population concernant la situation budgétaire de la Ville de Montréal.

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Mardi, sur les ondes du 98,5 FM, l’ex-élu devenu chroniqueur n’y est pas allé de main morte à l’endroit de M. Dorais.

Il a donné raison à notre Bureau d’enquête qui révélait vendredi que l’administration Plante-Dorais a dû sabrer d’urgence 400 millions $ dans ses investissements, au printemps, car elle était confrontée à une situation financière périlleuse.

Selon Benoit Dorais, que l’on voit ici lundi lors de l’annonce du budget de la Ville de Montréal, son parti n’a pas fait de coupes, mais un « alignement stratégique ». Faux, dit l’ex-maire Luc Ferrandez.
Photo Chantal Poirier
Selon Benoit Dorais, que l’on voit ici lundi lors de l’annonce du budget de la Ville de Montréal, son parti n’a pas fait de coupes, mais un « alignement stratégique ». Faux, dit l’ex-maire Luc Ferrandez.

M. Dorais avait alors réagi le jour même en affirmant à l’animateur Paul Arcand que nos informations étaient fausses et qu’il n’était « absolument pas dans les coupures ».

« Il ment. On était tous là. [...] Il a envoyé une directive à tous les conseils d’arrondissement. Il a envoyé une directive à tous les services. Tous les projets qui ne sont pas engagés doivent être arrêtés pour évaluation », a lancé mardi M. Ferrandez, à propos de M. Dorais. 

Luc Ferrandez siégeait au Comité exécutif au moment où la directive de stopper l’octroi de contrats a été donnée. 

« Un point critique »

Jadis une figure de proue du parti Projet Montréal de la mairesse Valérie Plante, M. Ferrandez estime que la Ville dépense beaucoup trop.

« On est arrivé à un point critique. Le maquillage ne fonctionnera pas l’an prochain. Je pense que je peux dire ça avec une certaine autorité, parce que j’étais le président du Comité sur les grands projets », a-t-il affirmé mardi au micro du 98,5.

L’animateur lui-même semblait mécontent des explications que lui avait fournies le président du Comité exécutif vendredi, après la publication de notre article.

« “J’haïs” ça quand on joue sur les mots. [...] Ils [l’administration Plante-Dorais] coupent 400 M$ dans le plan d’immobilisations de la Ville. C’est pas mal ce que Le Journal racontait », a-t-il dit au micro.

Ces compressions font en sorte, par exemple, que la Ville ne remplace que les conduites d’aqueduc dont l’état est jugé « critique » lorsqu’elle refait la chaussée. C’est le cas dans le projet de reconstruction de la rue Peel et du chantier à l’angle Côte-des-Neiges et Remembrance, selon nos informations.

Notre Bureau d’enquête a même publié un courriel d’un ingénieur de la Ville qui s’étonnait de cette directive.

L’administration Plante n’a pas voulu commenter les propos de M. Ferrandez. Son porte-parole Youssef Amane a réaffirmé que « l’administration a fait un exercice d’alignement stratégique » et qu’il s’agit d’un « processus de reddition de comptes souhaitable ».

Montréal a présenté lundi un budget 2020 dans lequel les dépenses s’élèvent à 6,17 milliards $, soit une hausse de 8,1 % par rapport à cette année. L’augmentation moyenne du compte de taxes foncières est de 2,1 % pour les propriétés résidentielles.

– Avec la collaboration de Dominique Cambron-Goulet