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Un Québécois parmi l’élite du muay thaï

Le Québécois Grégory Gauvin (à droite)
PHOTO COURTOISIE Le Québécois Grégory Gauvin (à droite)

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Le Québécois Grégory Gauvin flirtera bientôt avec l’élite mondiale du muay thaï après avoir remporté le championnat canadien de la discipline le 10 novembre dernier, à Markham, en Ontario.

Au Québec, organiser des compétitions de muay thaï, aussi appelé boxe thaïlandaise, est illégal. Par contre, s’entraîner selon les techniques de l’art martial ne l’est pas. C’est également le cas pour d'autres disciplines amateurs telles que les arts martiaux mixtes, le jiu-jitsu brésilien ou encore le kickboxing, qui ne sont pas reconnues par le Comité international olympique.

En muay thaï, les combattants s'affrontent debout et ont droit de frapper avec les poings, les pieds, les coudes et les genoux. Les duels se déroulent dans un ring identique à celui de la boxe.

Gauvin, lui, a découvert son sport de prédilection il y a sept ans, après avoir essayé le karaté pendant deux ans lorsqu’il était enfant. «J’ai commencé à la base pour me faire des amis, mais pour me défouler un peu aussi, a-t-il expliqué. J’ai vraiment eu la piqûre rapidement. [...] C’est un sport qui m’a beaucoup aidé. Je suis passé d’introverti à extroverti.»

Depuis, l’athlète de 31 ans s’est rendu deux fois au Mexique pour des championnats intercontinentaux en 2015 et 2017. Puis, il a disputé son troisième tournoi de grande envergure au Canada. Chaque fois, il a quitté la compétition l’or au cou.

«J’ai trouvé le calibre canadien plus élevé, a reconnu l’athlète originaire de l’île de la Réunion. C’est sûr que j’ai moi aussi progressé à travers les années. Ç’a été tout un panel d’émotions. J’étais stressé, mais le défi m’attire et me pousse à donner le meilleur de moi-même, à aller au-delà de mes limites».

En Ontario, c’était la première fois que Gauvin évoluait dans la catégorie élite lors d’un championnat intercontinental, en vertu de 12 victoires en 16 combats. Auparavant, il avait dû passer par la classe C (0 à 5 combats) et la classe A (10 combats et moins).

Une année 2020 remplie

Avec sa victoire au championnat canadien, des portes très intéressantes se sont ouvertes pour le Québécois. En effet, Gauvin représentera le Canada aux championnats panaméricains en février, en plus de se déplacer au Kazakhstan au mois d’août pour le championnat mondial.

«C’est l’équivalent des Jeux olympiques pour nous, a mentionné le combattant. La crème de la crème des athlètes amateurs y sera. Même quelques professionnels s’inscrivent.»

Parlant de Jeux olympiques, le muay thaï sera en démonstration à Tokyo en 2020. Gauvin croit que cette attention sur son sport sera bénéfique, puisque le Québec sera quelque peu contraint d’en légaliser les compétitions en cas d’ajout permanent au programme olympique.

Un sport avec du potentiel

Pour se préparer aux défis qui l’attendront en 2020, Gauvin s’envolera bientôt vers la Thaïlande, véritable berceau du muay thaï. Ce sera une première visite dans ce pays asiatique pour lui.

«Les Thaïlandais respirent la boxe thaï, c’est culturel. Ça fait partie de leur vie au quotidien. Ils créent des machines. Dans les grandes villes comme Bangkok, il y a des écoles à tous les coins de rue. Si tu veux te trouver un adversaire, quelqu’un t’aura organisé un combat dès le lendemain.»

Selon Gauvin, l’Europe commence à pointer le bout de son nez sur les podiums, mais c’est un Thaïlandais qui repart avec l’or la plupart du temps. Les combattants canadiens commencent aussi à tirer leur épingle du jeu, comme il a pu le remarquer lors du plus récent championnat du pays.

«Le sport commence à se répandre un peu plus dans le monde. Je crois que c’est grâce à l’Ultimate Fighting Championship [UFC]. Les arts martiaux mixtes, c’est toutes sortes de disciplines ensemble : la lutte, le combat debout, la boxe, etc. Pour améliorer leurs frappes ["striking"], les combattants vont surtout se tourner vers le muay thaï ou le kickboxing.»

Quant à son futur, Gauvin refuse d’y aller de prédictions égocentriques, préférant se concentrer sur le partage de ses connaissances. Toutefois, il ne dirait pas non à une bourse ou deux pour pouvoir continuer à vivre comme il se doit. Il aimerait également livrer bataille devant sa famille, qui ne l’a jamais vu en action en personne et qui est toujours à la Réunion.