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C’est la fin pour le plus grand transporteur de brousse

L’accès au Nord du Québec menacé par la fermeture d’Air Saguenay

Un hydravion d’Air Saguenay similaire à l’appareil qui s’est écrasé en juillet.
Photo courtoisie Un hydravion d’Air Saguenay similaire à l’appareil qui s’est écrasé en juillet.

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L’avionneur régional Air Saguenay a mis en vente ses actifs et pourrait mettre la clé sous la porte, une situation qui menace l’accès au nord québécois, a appris Le Journal.  

Selon nos informations, Air Saguenay cherche à se départir de ses bases aériennes – ou à les fermer – au nord du Québec, par exemple à Wabush, Chibougamau ou à Manic-5, et à vendre ses appareils.  

Chasse au caribou  

Contacté par Le Journal, le président de l’entreprise, Jean Tremblay, a refusé de confirmer ou d’infirmer ces informations. Il affirme qu’il expliquera en détail ses intentions lors d’une conférence de presse cette semaine.  

L’entreprise est en sérieuse difficulté financière depuis la fin de la chasse au caribou en 2018. Cette industrie représentait 35 % de son chiffre d’affaires.  

«Une fermeture de la chasse mettra en péril l’ensemble des opérations d’Air Saguenay», disait M. Tremblay, à l’époque.  

Le président d'Air Saguenay, Jean Tremblay
Photo Agence QMI, Roger Gagnon
Le président d'Air Saguenay, Jean Tremblay

D’autres mauvaises nouvelles se sont ajoutées.  

En juillet 2019, un hydravion de l’entreprise s’est abîmé dans le lac Mistastin, au Labrador, causant la mort de sept personnes. La famille d’une des victimes poursuit Air Saguenay pour négligence.  

La situation risque d’inquiéter plusieurs pourvoyeurs qui faisaient affaire avec l’avionneur pour déplacer leurs clients vers des camps de pêche qui ne sont pas accessibles par des liens routiers.  

  •  ÉCOUTEZ l'entrevue de Marc Plourde, président-directeur général de la Fédération des Pourvoiries du Québec, à QUB Radio:  

Même point d’interrogation en ce qui concerne la prospection minière. Air Saguenay offre un service de ravitaillement et de transport de cargo et d’échantillons de carotte pour les géologues qui tentent de trouver des gisements.  

Pour les pilotes de brousse et propriétaires de petits avions, c’est carrément l’accès au territoire qui est en péril. Déjà, en 2017, Le Journal rapportait que la fermeture de bases aériennes risquait de bloquer l’accès au nord du Québec.  

Ravitaillement  

«Sans endroit où faire le plein, on ne pourra pas dépasser les 300 milles nautiques au nord de Chicoutimi», disait alors Gilles Lapierre, président de l’association des pilotes de brousse du Québec.  

  •  Gilles Lapierre était de passage à l'émission Le Retour de Mario Dumont, à QUB Radio:  

Lorsque le gouvernement Couillard a annoncé la fin de la chasse au caribou, il a également lancé un programme pour démanteler des centaines de camps de chasse abandonnés.  

Air Saguenay croyait que cette bouée de sauvetage pourrait lui donner de l’oxygène. Elle avait prévu un budget de près de 800 000 $ en démantèlement pour 2018. La somme réellement consacrée a plutôt été de 35 000 $.  

Quelques bases qui pourraient fermer  

Air Saguenay possède plusieurs bases aériennes qui permettent aux avions de se ravitailler en carburant. Si ces bases n’existent plus, l’accès au nord est menacé. Voici quelques exemples :  

  •  Base du Lac Caché (Chibougamau)   
  •  Base du Lac pau (Caniapiscau)   
  •  Base du Lac Louise (Manic 5)   
  •  Base Petit Lac Wabush (Labrador City)   
  •  Base du Lac Rapide (Sept-Îles)   
  •  Base du Lac de l’Avion (Natashquan)