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Climat: pour atteindre ses objectifs, le Canada doit décupler sa taxe carbone

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Le Canada doit faire passer sa taxe carbone de 20 à 210 dollars canadiens par tonne d’ici 2030 s’il veut atteindre son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre, estime mercredi un groupe de réflexion. 

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La tarification du carbone est la principale mesure prise par le gouvernement du premier ministre Justin Trudeau pour réduire de 30% les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada d’ici 2030, comme il s’y est engagé dans le cadre de l’accord de Paris. 

Actuellement fixée à 20 dollars par tonne de CO2 émise, cette taxe fédérale, qui est répercutée sur le prix du carburant, est appliquée dans quatre des dix provinces canadiennes qui n’ont pas pris de mesures jugées compatibles avec le plan du gouvernement central. 

Pour les consommateurs de ces provinces (Ontario, Nouveau-Brunswick, Manitoba et Saskatchewan), elle entraîne une hausse des prix à la pompe de 4 cents par litre, qui leur est cependant en grande partie remboursée sous forme de crédits d’impôt. 

Cette approche est « la plus efficace par rapport aux coûts pour réduire les émissions de GES du Canada », indique un rapport de la Commission de l’écofiscalité, un groupe de réflexion réunissant économistes, universitaires et d’anciens Premiers ministres. 

La taxe fédérale doit passer à 50 dollars par tonne en 2022, « mais cela ne suffira pas à faire en sorte que le pays respecte ses engagements internationaux », selon la commission. 

« Notre analyse indique que cela est possible si le prix national du carbone atteint 210 dollars la tonne en 2030 », ce qui représenterait une hausse d’ici là d’environ 40 cents du prix du litre du carburant. 

La commission reconnaît que le Canada pourrait aussi atteindre ses objectifs de réduction de GES par le biais d’une régulation des émissions ou de subventions versées à l’industrie, mais estime que ces politiques « sont plus coûteuses pour l’économie que la tarification du carbone ». 

Pour garder un espoir de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C, ambition idéale de l’accord de Paris, il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an, chaque année dès l’an prochain et jusqu’à 2030, a averti mardi le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) dans son rapport annuel.