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Madame-Monsieur «Ne Sait Pas» comme chef du PLQ?

Madame-Monsieur «Ne Sait Pas» comme chef du PLQ?
Simon Clark/Agence QMI

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Publié ce matin, un sondage Léger/Le Journal montre entre autre choses que la lune de miel entre la majorité de l’électorat francophone et le gouvernement caquiste de François Legault tient passablement bien la route. Pour les résultats détaillés, voir ici . 

J’y reviendrai demain en chronique. 

Pour le moment, je m’arrêterai à la deuxième partie du sondage concernant les courses actuelles à la chefferie au Parti libéral du Québec et au Parti québécois. 

Pour chacun des deux partis, la question posée est celle-ci : «Parmi les personnalités suivantes, laquelle ferait le ou la meilleur (e) chef? 

Pour le PLQ, l’ex-ministre libéral fédéral et ex-maire de Montréal, Denis Coderre, obtient 16% d’appuis.  

Quant aux deux seuls candidats déclarés à la chefferie, Dominique Anglade n’obtient que 8% et Alexandre Cusson, 6% à peine. Les autres noms listés, dont ceux de Pierre Moreau, Pierre Arcand et Alexandre Taillefer, n’ont droit qu’à des grenailles. 

Chez les partisans libéraux plus particulièrement, Denis Coderre obtient 19%, Dominique Anglade est à 12% et Alexandre Cussion, à 5%.  Bref, il n’y a vraiment pas de quoi à crier au «sauveur», vrai ou illusoire.  

Pour le PQ, le sondage donne les résultats suivants : le chef bloquiste Yves-François Blanchet (13%), Véronique Hivon (11%), Pierre Karl Péladeau (7%), Pascal Bérubé (6%), Alexandre Cloutier (6%) et le seul candidat déclaré à la chefferie péquiste, Sylvain Gaudreault n’obtient que 4%. 

Chez les partisans du PQ, M. Blanchet (13%); Véronique Hivon (10%); PKP (12%); Pascal Bérubé (15%); Alexandre Cloutier (8%); Sylvain Gaudreault (5%). 

Bien entendu, pour les deux partis, nous ne sommes qu’en tout début de course, alors prenons le tout avec un gros grain de sel. 

Le phénomène le plus fascinant est toutefois le taux très élevé d’appuis dans la catégorie combinée du «Ne sait pas» et du «Refus» de répondre.  

Si une ou un chef s’appelait «Ne Sait Pas», elle ou il ferait un véritable tabac ! 

Pour le PLQ, 53% des répondants tombent dans la catégorie des «Ne sait Pas» et «Refus». Pour le PQ, c’est 46%.  

Sur une note plus sérieuse, cela dénote surtout un manque flagrant d’enthousiasme même face aux candidats déclarés. Y compris chez les partisans libéraux et péquistes. 

Comme quoi, chez les analystes politiques, nous sommes loin d’être seuls à faire le constat selon lequel le «leadership» politique n’est plus tout à fait de la même qualité que celui des années 60, 70, 80 et même 90. Nostalgie, quand tu nous tiens... 

Ce problème est vaste et complexe. En même temps, lorsqu’un parti politique est aussi affaibli que le Parti québécois, il n’en est que plus difficile encore d’attirer des candidats forts à sa chefferie. La mission de sa survie même en devient tellement lourde qu’elle attire peu.  

Chez les libéraux, l’absence de candidature d’envergure étonne néanmoins pas mal plus. Même Denis Coderre qui, à ce qu’on sache, du moins pour le moment, ne se présente pas à la chefferie du PLQ, n’obtient que 19% d’appuis chez les partisans libéraux eux-mêmes. Ce n’est vraiment pas beaucoup. 

Cela étonne d’autant plus que - comme je l’explique aujourd’hui dans ma chronique -, malgré sa défaite cinglan te du 1er octobre dernier, à moyen terme, le PLQ est encore la seule alternative pour le pouvoir, cette fois-ci, face à la CAQ. C’est une question de temps, point. 

Dans un tel contexte, on aurait cru le PLQ capable d’attirer de plus grosses «pointures» à sa chefferie... On verra bien si d’autres candidats se manifesteront ou non.