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Sur une île tunisienne, une initiative inédite pour aider à protéger les tortues

Sur une île tunisienne, une initiative inédite pour aider à protéger les tortues
AFP

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Sur une plage de Tunisie, un panneau et des piquets signalent un nid de tortues. Lorsque les bébés Caouannes quittent leurs coquilles, des bénévoles les escortent jusqu’à la mer sous l’oeil émerveillé d’un groupe de touristes. 

Depuis 2017 sur la petite île de Kuriat, les autorités tunisiennes et une ONG collaborent pour sensibiliser les touristes à la protection de la Caouanne, appelée aussi Caretta Caretta, une espèce longtemps menacée, et désormais considérée comme vulnérable. 

Au large de Monastir, cette île paradisiaque et une autre voisine, qui sont en train d’être classées réserves naturelles pour espèces protégées, sont leur site de nidification le plus à l’ouest de la côte sud de la Méditerranée. 

Les femelles, qui ne deviennent fertiles qu’à partir de 20 ans, reviennent pondre sur le lieu de leur naissance. Mais seule une tortue sur 1000 survit assez longtemps pour se reproduire. 

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Sensibilisation

Les deux îlots aux eaux cristallines sont particulièrement prisés par les Caouannes car ils sont épargnés par la pollution et bénéficient d’une totale obscurité la nuit --moment où pondent les tortues-- contrairement à la majorité des côtes tunisiennes. 

Le plus grand est une zone militaire et le second habité que ponctuellement par des militants écologistes, qui bannissent toute lumière la nuit. 

Mais des centaines de touristes débarquent aussi à la petite Kuriat --où les visites ne sont autorisées qu’en journée-- pendant la période estivale, notamment au moment de la période d’éclosion, de fin juillet à octobre. 

Plutôt que de les chasser, l’Agence gouvernementale de protection du littoral et une ONG créée par des militants écologistes se sont associées pour faire de Kuriat un lieu privilégié de rencontre entre l’homme et la nature. 

Dans une cabane, des bénévoles expliquent à des dizaines de visiteurs quelles sont les espèces locales et ce qui met leur vie en danger, comme les sacs en plastique que ces reptiles peuvent ingurgiter ou encore les déchets qui peuvent entraver l’éclosion des oeufs. 

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« Beaucoup de gens sont stupéfaits. Ils ne pensaient pas qu’il y avait ce genre d’animaux chez nous, ils découvrent ici l’importance de chaque espèce », souligne Manel Ben Ismaïl, une des co-fondatrices de l’association de protection Notre Grand Bleu. 

Les bénévoles se relayent de mai à octobre -- du début de la nidification à la fin de la période d’éclosion-- pour repérer notamment le matin les nouvelles pontes grâce aux traces laissées dans le sable par les tortues adultes qui creusent 50 à 70 cm pour pondre une centaine d’oeufs. 

En 2019, un total de 42 nids ont ainsi été répertoriés sur les deux îlots, un chiffre en augmentation continue depuis environ 20 ans.  

Lorsque les nids approchent la maturité, au bout de cinquante jours, les bénévoles les surveillent avant d’accompagner les petites Caouannes jusqu’à la mer, partageant ces moments d’émerveillement avec les estivants. 

Les bébés tortues d’à peine 5 cm se frayent maladroitement un chemin dans le sable sous le regard d’enfants en maillots de bain, ravis de les toucher et photographier. Ils sont ensuite emmenés en mer, loin des baigneurs, puis relâchés près de champs sous-marins de posidonie où ils peuvent s’abriter et se nourrir. 

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« Trouver un équilibre »

» Je pensais que c’était une île où j’allais manger, nager et rentrer », s’exclame Souad Khachnaoui. « Je n’aurais jamais imaginé que ce site était si important surtout pour les tortues marines, les oiseaux et les autres espèces ».  

Outre la possibilité rare de voir ces bébés tortues, c’est l’occasion de comprendre l’impact du réchauffement climatique, qui bouleverse l’équilibre entre les mâles et femelles à la naissance, ou encore les conséquences catastrophiques du plastique, très peu recyclé en Tunisie, pour les animaux marins. 

« Nous essayons de trouver un équilibre entre les activités biologiques et les activités économiques de l’être humain sur ce site », explique Ahmed Ben Hamida, responsable de la zone marine protégée de Kuriat pour l’Agence gouvernementale de protection du littoral (Apal).  

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Cette cohabitation est le fruit d’une rare collaboration réussie entre services publics et société civile. 

« Cette cogestion n’existe nulle part ailleurs en Tunisie », selon Mme Ben Ismaïl, de l’ONG Notre Grand Bleu.  

« Notre espoir pour les dix prochaines années c’est que les touristes sachent dès qu’ils embarquent pour Kuriat que c’est une réserve d’espèces protégées où on peut se promener en faisant attention », indique M. Ben Hamida. 

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