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Colombie: des gardes indigènes se joignent aux manifestations de Bogota

Colombie: des gardes indigènes se joignent aux manifestations de Bogota
Photo AFP

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Des gardes indigènes, venus d’une région de Colombie dévastée par la violence due au trafic de drogue, ont rejoint à Bogota jeudi le mouvement social contre le gouvernement, qui depuis une semaine a rempli les rues de centaines de milliers de manifestants. 

«Nous allons rendre hommage aux gardes indigènes assassinés dans le Cauca (sud-ouest), dans le Choco (nord-ouest), le Nariño (sud-ouest) avec ceux qui luttent dans les villes», a déclaré Aida Quilcué, au nom de l’Organisation nationale indigène de Colombie (Onic), lors d’une conférence de presse. 

Armés seulement de leurs cannes de bois traditionnelles, des gardes représentant le Conseil régional indigène du Cauca (Cric) ont voyagé depuis ce département pour s’unir à la protestation dans la capitale. 

«Nous venons travailler avec les organisations, avec les universités qui se mobilisent en ce moment (...) afin que nous puissions définir un agenda» commun élargi, a ajouté Ferley Quintero, autre conseiller de l’Onic. 

 

Colombie: des gardes indigènes se joignent aux manifestations de Bogota
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Les indigènes, une minorité beaucoup moins nombreuse en Colombie qu’en Bolivie ou en Équateur, ont jusque-là manifesté essentiellement dans les villes de Cali et de Popayan. 

À leur arrivée à Bogota, les hommes et les femmes de la garde indigène ont entonné l’hymne de l’Onic, principale organisation indigène du pays qui regroupe des entités régionales telles que le Cric.  

«En avant camarades, prêts à résister, à défendre nos droits, jusqu’à en mourir», ont-ils chanté. 

Les indigènes réclament protection, face à l’assassinat de 134 d’entre eux depuis l’arrivée au pouvoir du président de droite Ivan Duque en août 2018, ainsi que la mise en œuvre intégrale de l’accord de paix signé il y a trois ans avec la guérilla des Farc, aujourd’hui transformée en parti politique. 

Au moins dix indigènes ont été tués par des dissidents de l’ex-rébellion, qui se sont mis en marge du processus de paix dans le Cauca, où plusieurs groupes armés se disputent le contrôle des narco-plantations, notamment de marijuana et de coca, matière première de la cocaïne. 

Sous la pression de la rue, le chef de l’État a convoqué un «dialogue social», mais il ne s’est jusqu’à présent pas référé aux revendications indigènes. 

En mars, les Autochtones avaient bloqué pendant plusieurs semaines l’une des principales routes du sud-ouest de la Colombie pour protester contre le non respect d’accords passés avec des gouvernements antérieurs à celui d’Ivan Duque.