/misc
Navigation

PLC et le bon move de déplacer Chrystia Freeland

PLC et le bon move de déplacer Chrystia Freeland
Photo AFP

Coup d'oeil sur cet article

Comme pour Mélanie Joly, il fallait relocaliser Chrystia Freeland.  

Vous vous souvenez de l’épisode de Mélanie Joly, du temps où elle était ministre de la Culture et essayait de défendre maladroitement le traitement de faveur accordé par le gouvernement libéral à la transnationale américaine Netflix aux dépens des firmes de communication canadiennes? Elle parlait beaucoup, et plus elle parlait, plus elle se calait. C’est alors que Justin Trudeau l’a gentiment mutée dans un ministère moins voyant.    

Et Justin Trudeau a encore bien fait de retirer à Chrystia Freeland le poste de ministre aux Affaires étrangères. Petite-fille d’immigrants ukrainiens, madame Freeland, qui a vécu avec son époux britannique aux États-Unis, était définitivement trop collée sur les États-Unis. Elle était devenue en quelque sorte le rubber stamp de Donald Trump. Très ukrainienne, elle affichait son hostilité notoire anti-Russes. À l’international, son comportement proaméricain transpirait en tout temps. Et cela n’aidait pas du tout le Canada avec les autres pays du monde. Par exemple, avec Trump, elle a été la première à reconnaître au Venezuela Juan Guaido, le représentant du patronat qui s’est autoproclamé, comme ça, président du pays en 2019. Et comme Trump : «Ottawa refuse de reconnaître la victoire [démocratique] de Nicolas Maduro [au Venezuela]» (Le Journal de Montréal, 22 mai 2018). Non, le Canada et les É.-U. n’aiment pas les gouvernements progressistes: Des diplomates canadiens ont discrètement soutenu l’opposition (de droite) vénézuélienne.    

La marionnette et le perroquet de nos voisins du Sud  

Oui, c’en était devenu gênant de la voir toujours penser la même chose que le gouvernement Trump et de ne jamais le critiquer. Il y a tant d’exemples concrets. Faute d’espace, je devrai me limiter à en décrire seulement quelques-uns. Dont celui-ci, plutôt drôle, qui découle du titre de cet article du Journal de Montréal : Des flammèches en vue avec Trump.    

Que ce soit sur le plan de la politique internationale ou de l’Accord de libre-échange nord-américain, il n’y en a pas eu de flammèche. Le Canada s’est docilement soumis aux States et a été souvent complice de ce dernier. Pourtant, de Chrystia Freeland qui, dans son passé de journaliste économique, entre autres au Financial Times, au Washington Post et chez The Economist, on s’attendait à ce qu’elle combatte énergiquement les inégalités économiques ici et dans le monde. Son deuxième livre était justement intitulé Ploutocrates : l'essor des nouveaux super-riches planétaires, dans lequel elle plaidait pour que l’on s’affranchisse du pouvoir indu des milliardaires sur la population et sur les politiciens. Une fois nommée ministre, elle a fait montre d’une phénoménale discrétion sur les politiques à promulguer afin de mieux répartir les richesses.     

Le Canada obéit et arrête la gestionnaire chinoise  

Prenons le titre de cet article intitulé : La dirigeante de la firme Huawei accusée de «fraude». Meng Wanzhou a été arrêtée à la demande de la justice américaine.    

Pourtant, les lois américaines ne sont souvent pas légitimes et n’ont pas une portée internationale. La vice-présidente aux finances de la multinationale chinoise a été accusée de «fraude» par les États-Unis et seulement par eux, car dans les faits, la dame n’a rien fait d’illégal. Mais les States ont peur que Huawei supplante sur les marchés internationaux leurs joyaux Apple et compagnie. L’impérialisme américain, ça a toujours été ça. La gestionnaire chinoise a été arrêtée à la demande des Américains, nous dit l’article : ça dit tout. Un pays vraiment souverain aurait refusé, au nom du droit, de la justice et de son indépendance, à exécuter les ordres de nos voisins du Sud. À l’international, le Canada a perdu la face.    

Trump qui humilie Haïti et d’autres pays  

Janvier 2018, Donald Trump saute encore une coche et traite de « pays de merde », rien que ça, des pays pauvres où sévit la violence et dont les gens essaient de fuir dans d’autres pays. Il faisait allusion à Haïti, au Salvador, au Guatemala, au Honduras, etc. Plusieurs pays ont, avec raison, dénoncé ces propos injurieux, sauf notre chère ministre d’alors des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et notre premier ministre : Trump dans la tourmente après ses propos sur les «pays de merde».     

Il me semble que c’est effrayant et qu’il y avait amplement matière à s’indigner et à critiquer. Madame Freeland s’est faite très discrète et n’a pas osé contrarier Donald. Elle a toujours préféré se défouler sur la Russie, le Venezuela, l’Iran et se porter à la défense d’Israël et de l’Ukraine.     

Les États-Unis déménagent leur ambassade à Jérusalem  

Hop, Donald Trump a décidé, comme ça en 2017, de déménager l’ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, ce qu’aucun autre pays occidental n’a fait. Mais les States n’ont que faire de l’opinion des autres et du droit international. Les grands pays du monde ont condamné avec raison ce geste unilatéral des États-Unis (un autre) sauf le Canada, Chrystia Freeland et notre premier ministre : Le Canada s’abstient de réprimander les États-Unis. Les Nations unies (ONU) condamnent la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.    

Mais où était donc notre téméraire et intrépide ministre de la «diplomatie» internationale?    

Arabie saoudite et Iran  

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, qui vivait aux États-Unis et qui était journaliste au prestigieux Washington Post, a été en 2018 froidement assassiné à l’ambassade de l’Arabie saoudite en Turquie, sur ordre du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Un crime horrible dénoncé avec virulence par la vaste majorité des pays, excepté les États-Unis et le Canada qui ne veulent pas choquer leurs partenaires d’affaires. Ils utilisent alors des mots pas trop méchants comme : La ministre Freeland «inquiète» de la disparition du journaliste Khashoggi.    

Malgré ce horrible, les relations entre le Canada, les États-Unis et l’Arabie saoudite ont continué d’être business as usual. Il n’aurait pas fallu que ce soit la Russie, Cuba, le Venezuela ou l’Iran qui fassent ça! Pourquoi briser une si belle amitié pour si peu?    

Madame Freeland épingle les Russes  

En 2014, suite à un référendum, les gens de la Crimée ont décidé d’être de nouveau réunis avec la Russie, ce qui n’a pas fait l’affaire des pays occidentaux et de l’Ukraine. Alors madame Freeland ne l’a pas pris et elle a dénoncé les supposées violations des droits de la personne en Crimée. Tout de même bizarre, des élus français en tournée en Crimée ont plutôt confirmé ce qui suit à leur retour en France : Les habitants de la Crimée «heureux» de leur sort, (Le Journal de Montréal, 26 juillet 2015). Par contre, Trudeau et Freeland n’ont jamais critiqué pour de vrai l’envahissement illégal de la Cisjordanie par Israël qui vient de recevoir l’appui de Donald Trump, lequel a dit que ces annexions respectaient le droit international. Une autre petite cocasse : pendant que le ciel mondial se fermait aux Boeing 737 MAX, Le Canada et les États-Unis refusent d’interdire ces 737.     

Il a fallu que le gouvernement américain intervienne pour que le Canada agisse et interdise ces appareils.   

Coup d’État en Bolivie  

En Bolivie, l’élite économique, les évangélistes et les militaires viennent pratiquer un vrai coup d’État afin de renverser le président socialiste Evo Morales, élu démocratiquement : Bolivie. Un coup d’État ordinaire?  

Comme s’il y avait des coups d’État «ordinaires»! Naturellement, Trump et Freeland ont applaudi. Madame Freeland a refusé d’appeler ça un coup d’État. Quelle est sa définition d’un coup d’État? Elle a dit prendre acte de la «démission» d’Evo Morales, alors qu’il a été renversé militairement et qu'il a dit que ce coup d’État véritable relevait de la volonté «démocratique» du peuple bolivien. C’est trop d’hypocrisie pour moi. Comme son maître américain, madame Freeland a adopté le même comportement inapproprié pour le Venezuela et pour le Nicaragua. Pour certains pays occidentaux, les coups d’État effectués par des «associés» sont qualifiés de démocratiques même s’ils renversent des gouvernements élus démocratiquement comme ce fut le cas récemment en Égypte, au Honduras et au Paraguay.