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Une bonne leçon de prudence pour une famille reconstituée

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Illustration Adobe Stock

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Derek et Macha sont en couple depuis deux ans. Avec chacun deux enfants issus d’une précédente union, ils ont décidé de vivre ensemble et d’acheter une grande maison familiale. Un beau projet qui a bien failli mal tourner.

En juillet dernier, ils se sont donc lancés dans la grande aventure. Le bail de Derek arrivait à échéance le 30 juin, et de son côté, Macha a vendu son condo. Ils ont emménagé ensemble en se disant que malgré le coût plus élevé de la maison, cela reviendrait tout de même moins cher que de vivre séparément. Possédant chacun une voiture, ils ont aussi convenu de les vendre pour acquérir une fourgonnette sept places. Tout semblait donc bien se profiler à l’horizon pour la famille reconstituée, mais la vie réserve parfois des surprises...

Des dépenses sous-estimées

Le mois de juillet fut très dur pour leurs finances. « Comme cela se produit très souvent, le couple a sous-estimé les frais engendrés par l’achat d’une maison. Ils n’ont pas intégré dans leurs calculs les coûts du déménagement, la taxe de bienvenue, les frais de notaire, les petites réparations imprévues, l’achat de meubles, de rideaux, etc. La liste est longue et si on n’a pas un peu d’argent de côté pour les payer, on doit, comme Macha et Derek, recourir au crédit », explique Pierre Fortin, syndic autorisé en insolvabilité, président de Jean Fortin et Associés.

Lorsqu’ils reçurent les factures de leurs cartes de crédit à la fin du mois d’août, qui s’élevaient à 18 000 $ plus 8000 $ de marge de crédit, ils eurent le vertige. À cela s’ajoute l’hypothèque de 320 000 $. Avec le lot de dépenses occasionnées par la rentrée scolaire des quatre enfants, ils ont perdu le contrôle de leurs finances. Voulant à tout prix éviter la débâcle, ils sont donc rapidement allés consulter un expert en insolvabilité.

Consolider les dettes

Les paiements minimums mensuels des cartes et marge de crédit, ajoutés à ceux de l’hypothèque et du prêt automobile, représentent un total de plus de 2950 $. Un poids trop lourd pour le ménage, dont le revenu brut annuel total est de 127 000 $. « De plus, une grande part de leurs dettes de consommation a été contractée sur des cartes de crédit, avec un taux d’intérêt moyen de 17 %. Dans ces conditions, il leur faudrait 22 ans et 16 000 $ de frais d’intérêt s’ils n’effectuent que les paiements minimums. Le même endettement sur une marge de crédit à un taux de 8,5 % aurait été plus facile à gérer », indique Pierre Fortin.

En préparant le budget de Derek et Macha, le syndic a constaté qu’ils pourraient dégager un montant de 700 $ par mois pour un plan de remboursement. La solution la plus indiquée dans leur cas est le prêt de consolidation qui leur permettra de rembourser leurs dettes de crédit d’un seul coup, puis de n’effectuer qu’un seul paiement mensuel à un taux d’intérêt moins élevé.

Admissibles à une consolidation ?

Quels sont les facteurs dont les institutions financières tiennent compte pour accorder un tel prêt ? « Elles utilisent d’abord le ratio d’endettement pour déterminer si le poids des dettes et du logement permet l’ajout d’un prêt. Le ratio du couple était de 34 % avant le refinancement, et de 31 % après le prêt de consolidation convoité, donc dans la limite acceptable », souligne Pierre Fortin, qui précise toutefois que ce calcul ne tient pas compte du nombre d’enfants à charge, ce qui réduit la marge de manœuvre du couple.

La banque va également vérifier l’état du crédit : puisque Derek et Macha n’ont jamais laissé de factures impayées, leur dossier de crédit est encore impeccable. Leur stabilité d’emploi est un autre élément qui jouera en leur faveur.

Ils ont finalement obtenu un prêt pour consolider leurs dettes de cartes de crédit. Le montant dû sur la marge a été exclu puisque le taux d’intérêt applicable était plus bas que celui du prêt de consolidation, ce dernier étant de 13 %, et donc plus avantageux. Ils devront effectuer des paiements de 410 $ pendant 60 mois pour rembourser le prêt, au lieu des montants minimums de 540 $.

Mais attention, ils devront absolument éviter d’accumuler de nouveaux soldes sur leurs cartes de crédit. « S’il est possible de consolider ses dettes une fois, on ne peut y avoir recours tous les cinq ans », prévient Pierre Fortin.