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[VIDÉO] Cyberintimidation: les députées régulièrement victimes d'insultes, dénonce Christine Labrie

La députée Labrie dénonce les insultes adressées aux politiciennes

Christine Labrie, députée de Québec solidaire, dénonce l'intimidation faite envers les politiciennes sur les réseaux sociaux.
Photo Simon Clark Christine Labrie, députée de Québec solidaire, dénonce l'intimidation faite envers les politiciennes sur les réseaux sociaux.

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QUÉBEC | «Va chier, la brebis», «Tu es une caliss de prostituée», «Heille la nunuche, allez-vous rhabiller ou suicidez-vous»: pour dénoncer la cyberintimidation dont elles sont victimes, la députée solidaire Christine Labrie a lu mercredi à l’Assemblée nationale des insultes qu'elle-même et d'autres politiciennes ont reçues.  

«C’est difficile à entendre et je m’en excuse encore, personne ne devrait avoir à entendre ce genre de commentaires, mais c’est la réalité à laquelle on fait face, ici, au Québec, en ce moment», a expliqué la députée solidaire, un trémolo dans la voix.      

De telles insultes, Christine Labrie en reçoit régulièrement. Et de pires, même. Par exemple, un citoyen déçu de la conclusion de son dossier l’a déjà menacée en ligne en nommant ses enfants.      

«De dire que les femmes reçoivent des messages haineux, ça ne veut pas dire grand-chose, mais quand on les lit, quand on l’entend, ça fait un choc. En les lisant à voix haute, ça m’a vraiment ébranlée, plus que de les lire à l’écrit», a-t-elle confié par la suite en entrevue.        

  • ÉCOUTEZ l'entrevue avec Christine Labrie à l'émission Dutrizac sur QUB radio:   

La députée de Sherbrooke craint que de telles attaques à l’endroit des politiciennes dissuadent d’autres femmes de se lancer en politique. C’est pourquoi elle a pris la parole devant ses collègues.     

«Faire taire les femmes»  

«Ces attaques-là, elles visent à faire taire les femmes. Donc, la façon, pour moi, de répliquer, c’est de ne pas me taire [...] de ne pas me laisser influencer ou censurer par des personnes qui voudraient qu’on n’occupe pas l’espace public», a-t-elle expliqué en entrevue.      

Christine Labrie, députée de Québec solidaire, dénonce l'intimidation faite envers les politiciennes sur les réseaux sociaux.
Photo Simon Clark

Elle s’est prononcée à ce sujet au moment du dépôt d’une motion dans le cadre de la campagne «12 jours contre la violence faite aux femmes» par le Cercle des femmes parlementaires. L’Assemblée nationale a reconnu que «l'hostilité envers les femmes freine leur engagement politique».      

Christine Labrie parle de son parcours en études féministes pour expliquer comment elle compose avec les attaques qu'elle reçoit régulièrement par courriel, par l'intermédiaire des réseaux sociaux et même par téléphone, au bureau de circonscription.     

Respect  

Elle encourage toutes les personnes «qui ont une tribune» à l’utiliser avec respect et à dénoncer cette violence verbale à l'endroit des femmes. Elle montre d'ailleurs du doigt la «dynamique de conflit» très présente, selon elle, à l’Assemblée nationale.      

Christine Labrie, députée de Québec solidaire, dénonce l'intimidation faite envers les politiciennes sur les réseaux sociaux.
Photo Simon Clark

«Ce qu’on se fait dire, c’est que ça fait partie de la game, mais non, ça ne devrait pas être normal. Ce n’est pas parce qu’on devient une personnalité publique qu’on doit vivre ça», a-t-elle dit.      

Interpellée à ce sujet, la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, convient que le climat parfois tendu à l’Assemblée nationale pourrait dissuader certaines femmes de se lancer en politique.      

«Des fois, je trouve que c’est un cirque, au Salon bleu, et je n’apprécie pas ce genre de comportement là. Il y aurait matière à un peu plus de civisme, à se comporter de façon un peu plus élégante», a-t-elle indiqué.      

Extraits de messages haineux reçus par des députées et lus mercredi au Salon bleu par Christine Labrie:            

  • «Si j’étais ton fils ou ta fille, j’aurais honte de ma mère.»      
  • «Tu devrais décrisser, car tu n’es qu’une pollution à voir.»      
  • «Retourne vivre dans le village d’où tu viens, inutilité vivante.»      
  • «Osti de plotte sale criminelle et corrompue.»      
  • «Minable prostituée du crime organisé, va te faire enculer crisse de salope.»            
Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.