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Aide médicale à mourir: Québec lance le débat pour l’élargir aux personnes inaptes

Les personnes inaptes pourraient y avoir accès

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Le gouvernement du Québec tiendra une consultation qui mènera à l’élargissement de l’aide médicale à mourir. Du même souffle, François Legault a confié qu’il préférerait que l’on «s’acharne» sur lui parce qu’il «aime la vie».  

La ministre de la Santé, Danielle McCann, a rendu public vendredi un rapport d’experts sur la possibilité d’élargir l’accès à l’aide médicale à mourir (AMM) aux personnes inaptes au moment de la réclamer, comme celles souffrant d’Alzheimer.  

La ministre était accompagnée d’élus des trois autres formations politiques représentées à l’Assemblée nationale.  

Québec doit maintenant tenir une vaste consultation publique avant d’aller de l’avant, un peu à la manière de la tournée « Mourir dans la dignité ».  

« Nous entendons le cri du cœur de nombreux Québécois qui souffrent et qui réclament un élargissement », a déclaré Mme McCann en conférence de presse.  

Photo Simon Clark

Des conditions  

Le rapport codirigé par Jocelyn Maclure et Nicole Fillion recommande la création d’une demande anticipée d’AMM.  

Toutefois, celle-ci serait offerte uniquement après qu’une personne ait reçu un diagnostic de maladie grave et incurable pendant qu’elle était toujours apte.  

Avec cette condition, les experts veulent s’assurer que la demande soit relativement récente au moment d’administrer le soin de dernier recours. « Lorsqu’on a un diagnostic, on sait quelle sera la maladie avec laquelle on va devoir vivre, on en apprend sur la maladie et son évolution », fait valoir M. Maclure.  

Un tiers, souvent un proche, serait également désigné pour faire connaître l’existence de la demande anticipée d’AMM et en expliquer le sens au nom du malade.  

Toutefois, le médecin traitant aurait le dernier mot quand viendrait le moment de choisir le moment d’administrer l’aide de dernier recours.  

Le gouvernement en faveur  

« On est en faveur de l’élargissement de l’aide médicale à mourir », a réitéré le premier ministre François Legault quelques minutes avant la période des questions. [...] On va le faire correctement, comme ça a été fait dans le passé. Mais, oui, je sens dans la population que les gens voudraient qu’on élargisse. »  

Toutefois, « il faut s’assurer que ce n’est pas par dépit, parce qu’ils n’ont pas les services, tous les services qu’ils devraient avoir en fin de vie. »  

Questionné par un journaliste à savoir s’il pourrait un jour avoir recours à l’aide médicale à mourir, M. Legault a répliqué : « Moi, j’aime la vie. Alors, je voudrais qu’on s’acharne un peu. »  

Photo Simon Clark

Débat à venir  

Pour la marraine de la loi sur l’aide médicale à mourir, Véronique Hivon, « l’enjeu va se situer autour de la complexité dans l’application d’une telle ouverture ».  

Par exemple, la députée péquiste croit qu’un débat devra avoir lieu autour de la possibilité de rendre la demande anticipée « exécutoire », contrairement à la recommandation du groupe d’experts.   

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Véronique Hivon à QUB radio:  

Une telle mesure aurait l’avantage de « rassurer les gens » qui souhaitent obtenir cette aide de dernier recours.  

Quelques recommandations du groupe d’experts codirigé par Jocelyn Maclure et Nicole Fillion    

  • Permettre de remplir une demande anticipée d’aide médicale à mourir (AMM) avant de devenir inapte.  
  • Accorder ce droit uniquement à ceux qui ont reçu un diagnostic de maladie grave et incurable, pendant que la personne est apte.  
  • Désigner un tiers chargé de faire connaître la demande et d’en expliquer le sens au nom du malade.  
  • Créer un registre où les demandes anticipées d’AMM seraient obligatoirement versées.    
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