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Ville de Montréal: un quart des fonctionnaires seront admissibles à la retraite d’ici cinq ans

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MONTRÉAL – Quelque 5000 employés de la Ville de Montréal pourraient prendre leur retraite d’ici cinq ans, ce qui obligera l’administration municipale à redoubler d’efforts pour recruter et garder des employés dans un contexte de forte concurrence sur le marché de l’emploi. 

«On va avoir un défi qu’on ne peut même pas s’imaginer dans les cinq prochaines années. J’ai 25 % de ma main-d’œuvre (qui) va être éligible a la retraite: 5000 employés», a signalé Serge Lamontagne, directeur de la Ville de Montréal, lors de l'étude publique du budget 2020 amorcée mercredi. 

«Si on n’a pas une stratégie agressive pour attirer les gens et maintenir nos employés en place, on va se battre pour avoir des employés», a-t-il prévenu. 

Les départs à la retraite ont aussi une incidence sur le taux de roulement, qui a grimpé à 6,1 % en 2018. Un taux de roulement acceptable se situe entre 4 % et 5 %, selon le ministère de l’Économie. 

La moitié des postes occupées par les cols blancs sont temporaires, a indiqué Josée Lapointe, directrice du service des ressources humaines de la Ville, en signalant que le taux de roulement dépasse 10 % pour la main-d’œuvre saisonnière. 

Les directeurs de services et d’arrondissements doivent présenter un plan de main-d’œuvre d’ici juin 2020. 

Organisation du travail 

Auparavant, les fonctionnaires municipaux pouvaient rester en poste durant toute leur carrière. Mais la réalité est différente aujourd’hui, a expliqué M. Lamontagne, de telle sorte qu’il faut repenser l’organisation du travail afin de positionner la Ville comme un employeur de choix. 

«Les gens ne partaient pas. C’était: tu rentres à la Ville, ben tu finis à la Ville. Mais on n’est plus là», a relaté le haut fonctionnaire. 

«Les gens, maintenant, magasinent, cherchent (d’autres emplois). Ce n’est plus le régime de retraite qui les intéresse, mais d’être stimulé et d’avoir un milieu de travail qui favorise ça.» 

Les employés municipaux sondés estiment «qu’on n’utilise pas assez leur intelligence», selon M. Lamontagne, ajoutant que «l’intelligence collective des employés doit être mise à profit». 

La Ville souhaite aussi favoriser l’autonomie, afin que le travail soit axé sur les résultats plutôt que le temps passé au bureau. La nouvelle convention collective des professionnels facilite le télétravail, a-t-il illustré. 

Nouveaux postes 

Le budget 2020 prévoit par ailleurs l’ajout de 403 années‐personnes, pour un effectif total de 23 630 années-personnes. Une «année-personne», l’unité de mesure utilisée par la Ville, correspond au travail d'une personne pendant un an. 

Ainsi, l’an prochain, 164 nouveaux postes seront ajoutés dans les arrondissements, dont 42 dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. 

La création d’une cinquantaine de postes au service de l’expérience citoyenne et des communications de la Ville est aussi prévue, incluant 33 pour le service 311. 

Au moment de publier, la Ville n'avait pas répondu aux questions du «24 Heures» sur les catégories d'emplois les plus affectées par les départs à la retraite et pour lesquelles les besoins sont plus critiques.