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Axel du Cirque du Soleil: Quand les clowns chaussent leurs patins

Axel du Cirque du Soleil: Quand les clowns chaussent leurs patins
Photo Martin Chevalier

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CORNWALL | Deux ans après sa première expérience sur glace, avec Crystal, le Cirque du Soleil rechausse les patins pour une nouvelle aventure glacée. Avec AXEL, les concepteurs ont voulu davantage se rapprocher de l’ambiance des concerts d’aréna.

C’est à Cornwall, en Ontario, que la tournée d’AXEL s’est amorcée, en octobre dernier. Le Journal était aux premières loges pour assister au coup d’envoi de cette nouvelle création, la 48e de l’histoire du Cirque. À quelques heures de la générale devant quelques centaines de spectateurs, le metteur en scène, Fernand Rainville, et la directrice de création, Patricia Ruel, étaient à peaufiner les derniers détails avec les artistes.Quelques semaines plus tôt, l’équipe avait envahi un entrepôt du quartier Hochelaga, à Montréal, pour répéter le spectacle. « On avait construit une glace là-bas, ce qui était une première pour le Cirque », dit Patricia. 

Patricia Ruel, directrice de création, et Fernand Rainville, metteur en scène.
Photo Martin Chevalier
Patricia Ruel, directrice de création, et Fernand Rainville, metteur en scène.

La création d’AXEL s’est faite en un temps record. Le projet s’est amorcé en octobre 2018. Et un an plus tard, le spectacle était déjà présenté devant public. « C’est très rapide, reconnaît Patricia. C’est le nouveau rythme du Cirque. Une chance qu’il y a des gens en qui on avait confiance. Presque tous les concepteurs sont de Montréal. C’est une condition que j’avais mise. On s’est réunis une demi-journée par semaine dès le mois de novembre 2018. C’était la seule façon de travailler, en collégialité. » 

L’équipe d’AXEL avait aussi un avantage non négligeable : elle pouvait profiter de la première expérience sur glace qu’avait été le spectacle Crystal, deux ans plus tôt. « On a passé deux jours avec l’équipe de création de Crystal et on a posé des questions à tout le monde », dit Patricia.  

Dans AXEL, on a droit à un numéro de diabolo… en patin !
Photo Martin Chevalier
Dans AXEL, on a droit à un numéro de diabolo… en patin !

« On a eu beaucoup de : “S’il vous plaît, quand vous monterez votre spectacle, ne faites pas ceci ou cela”, ajoute Fernand Rainville. Il y a plein d’éléments auxquels il a fallu penser, comme la respiration des artistes et le fait qu’ils dépensent de l’énergie différemment en patin. » 

Approche masculine

Le patin est à l’avant-plan dans AXEL, comme en témoigne ce couple de patineurs.
Photo Martin Chevalier
Le patin est à l’avant-plan dans AXEL, comme en témoigne ce couple de patineurs.

Pour cette nouvelle création sur glace, le Cirque a évidemment voulu aller ailleurs qu’avec Crystal. « On ne voulait pas ressortir sur le marché avec le même genre de produit, mentionne Fernand. Il y avait une volonté de faire une approche un peu plus masculine et aussi de mettre un peu plus d’emphase sur le patin. » 

« On a regardé ce que l’équipe de Crystal avait fait. Et on s’est demandé comment on pouvait faire différent, ajoute Patricia. On a décidé de se distinguer par notre esthétique. Crystal était très théâtral. On a plutôt décidé d’embrasser le fait qu’on était dans un aréna. On a pris le pari de faire une scénographie et d’avoir une approche de concert d’aréna. » 

« La musique prend beaucoup de place dans le spectacle, dit Fernand. On suit le parcours d’Axel, qui est chanteur et artiste visuel. Il tombe amoureux d’une fille et s’invente un monde dans l’univers de la bande dessinée. C’est la métaphore du coup de foudre amoureux. » 

Le numéro de benji est l’un des plus impressionnants du spectacle.
Photo Martin Chevalier
Le numéro de benji est l’un des plus impressionnants du spectacle.

Puisque la musique prend une grande place dans AXEL, le Cirque a fait appel à un spécialiste en la matière : Philippe Brault. Dans les dernières années, le musicien s’est bâti une solide réputation de réalisateur d’albums. De nombreux artistes ont fait appel à ses services, d’Ariane Moffatt à Pierre Lapointe, en passant par Safia Nolin et Salomé Leclerc.Comment a-t-il trouvé le temps d’embarquer dans l’aventure AXEL ? « C’est vrai qu’au moment où on m’a demandé de le faire, je n’avais pas le temps, dit Philippe Brault en riant. Mais j’ai fait de la place. Je n’ai pas travaillé sur un album depuis janvier passé, ce qui est rare dans mon cas. Mes deux derniers projets ont été Michel Rivard et Laurence Nerbonne. » 

La musique de Philippe Brault

Philippe Brault.
Photo Martin Chevalier
Philippe Brault.

Philippe Brault a accepté l’offre d’AXEL, car il n’avait jamais travaillé sur un spectacle de cirque dans le passé. « J’ai quelques amis qui ont travaillé avec le Cirque du Soleil, donc je connaissais un peu les “légendes”. Mais j’étais un peu stressé, car c’est un gros projet avec de gros moyens. » 

Dans le spectacle, il a dû composer de la musique originale, mais aussi reprendre quelques chansons connues. « J’ai refait Mad World, de Tears For Fears ; You Should Be Dancing, des Bee Gees; Creep, de Radiohead ; Diamonds, de Rihanna ; et Jump Around, de House of Pain. » 

« Avoir les droits de ces chansons n’a pas été évident, ajoute-t-il. Il a parfois fallu que je travaille sans savoir si on aurait les droits. On a choisi des chansons qui marchaient bien avec l’histoire et le développement du personnage. » 

Un Australien en patin

Axel du Cirque du Soleil: Quand les clowns chaussent leurs patins
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Pour choisir l’artiste qui jouerait le rôle principal d’AXEL, le Cirque du Soleil a lancé un appel à la grandeur de la planète. Les prétendants ont été nombreux. Mais un candidat est ressorti du lot : Jayden Sierra, un jeune de 25 ans qui vient... d’Australie ! 

« C’est un chanteur, musicien et acteur qui est arrivé comme un cadeau pour la production, dit le metteur en scène Fernand Rainville. C’est un surdoué. » 

« Le charisme, ça ne s’apprend pas, ajoute la directrice de création, Patricia Ruel. Des artistes comme lui, il y en a très peu. Dans le spectacle, il y a deux parties de 50 minutes. Il est en patin, il chante, et il joue de la guitare et de la basse. C’est très exigeant ce qu’on lui demande. » 

Le feu en met plein la vue dans ce spectacle.
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Le feu en met plein la vue dans ce spectacle.

En entrevue avec Le Journal, Jayden Sierra reconnaît que le rôle d’Axel est son plus important contrat en carrière. « C’est le plus gros projet auquel j’ai participé. Et je veux m’assurer que ça dure, car je veux en faire une carrière. » 

C’est un ami qui avait suggéré à Jayden d’auditionner pour le rôle d’Axel, l’hiver dernier. « Je connaissais le nom du Cirque du Soleil, mais je n’avais jamais vu de spectacle d’eux. J’ai envoyé une vidéo de moi en chantant et on m’a répondu assez rapidement. » 

Après quelques entretiens vidéo, le jeune homme a appris qu’il décrochait le rôle. Il s’est alors amené à Montréal, où il a dû parfaire son coup de patin.  

« Comme tu t’en doutes, il n’y a pas beaucoup de patinoires en Australie. (Rires) Les rares endroits qui en ont étaient situés à une heure de route de chez moi. Je patinais juste de façon récréative. Mais en arrivant ici, il y a un entraîneur qui m’a pris en charge, et je me suis amélioré très rapidement. » 

Deux artistes font un impressionnant numéro de trapèze en hauteur.
Photo Martin Chevalier
Deux artistes font un impressionnant numéro de trapèze en hauteur.

AXEL en chiffres  

  • Il s’agit de la 48e production originale du Cirque du Soleil et de la deuxième expérience sur glace. 
  • La tournée emploie 85 personnes provenant de 22 pays différents, dont Trinité-et-Tobago, la Suède, la Corée, l’Irak et l’Ukraine. Du nombre, il y a 41 artistes (18 acrobates, 17 patineurs, quatre musiciens, une marionnettiste et un chanteur). 
  • 15 représentations seront données à Montréal dans le temps des Fêtes. À Québec, on présentera 7 spectacles. 
  • Le département des costumes en tournée compte une équipe de quatre personnes. Il y a environ 500 pièces de costumes dans le spectacle. Certains artistes peuvent changer jusqu’à six fois de costume dans une même représentation. 
  • Il y a environ 80 paires de patins qui sont transportées dans la tournée, soit deux paires par artiste.  
La marionnettiste Caroline Bernier-Dionne manipule le chien robot Steel.
Photo Martin Chevalier
La marionnettiste Caroline Bernier-Dionne manipule le chien robot Steel.

Le nouveau spectacle sur glace du Cirque du Soleil, AXEL, sera présenté du 12 au 15 décembre au Centre Vidéotron de Québec, et du 19 au 29 décembre au Centre Bell de Montréal. Pour les détails : cirquedusoleil.com/axel