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Ce que cache le hockey

Lorsqu’il insiste un peu trop pour parler de hockey, François Legault cherche à faire diversion.
Photo d’archives, Marc-André Gagnon Lorsqu’il insiste un peu trop pour parler de hockey, François Legault cherche à faire diversion.

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Le seul échange que le gouvernement Legault a réussi avec l’Ontario de Doug Ford depuis un an, ce sont des « gilets de hockey », raillait le chef libéral par intérim Pierre Arcand, hier.

Le trait d’humour n’a rien de très recherché, mais comporte quelque chose de juste.

Il paraît que les premiers ministres Ford et Legault se textent lors des matchs. On commente les jeux, les buts, bla-bla-bla.

La passion du premier ministre Legault pour le hockey est sans doute authentique, comme son plaisir à échanger avec son homologue de la province voisine. Mais on a compris depuis longtemps que lorsqu’il insiste un peu trop pour parler de ce sport, il cherche à faire diversion.

Exportations

Le hockey pourrait, ici, occulter au moins une chose : le chef caquiste a promis gros pour ce qui est des relations Québec-Ontario.

Dès le congrès de la CAQ de novembre 2016 — deux ans avant son arrivée à la tête du gouvernement —, il s’engageait à « faire exploser les exportations d’électricité en Ontario, en Nouvelle-Angleterre, à New York » une fois au pouvoir. C’était la baie James du XXIe siècle.

Il y croit tellement qu’à l’occasion, il prend des vessies pour des lanternes.

En septembre 2017, M. Legault, alors chef de la deuxième opposition, rencontre la première ministre ontarienne de l’époque, Kathleen Wynne.

Au sortir de la salle, il commet un accroc aux règles diplomatiques en révélant que derrière des portes closes, la politicienne s’est montrée intéressée par son plan électrique.

Ce qu’elle niera par la suite à deux reprises, ajoutant qu’elle s’inquiétait pour l’impact environnemental d’une telle chose.

Le successeur de Wynne à la tête du gouvernement ontarien, Doug Ford, se fout de l’environnement. Mais il y a un an, il rejetait lui aussi la proposition électrique de François Legault, même si ce dernier avait bonifié son offre en évoquant une construction commune, Québec-Ontario, d’un barrage.

Soyons clairs : le refus de l’Ontario, ne serait-ce que d’étudier la possibilité de profiter de l’hydroélectricité québécoise, au lieu de refaire à coup de milliards les vieilles centrales nucléaires, sent mauvais. Tout comme le rejet absolu, par le Nouveau-Brunswick du même type de proposition. Sans parler de Terre-Neuve.

On dirait que les provinces limitrophes se braquent irrationnellement lorsque vient le temps de faire affaire avec le Québec : c’est non non non. M. Legault a bien du mérite d’affronter ce mur du refus.

Autres questions

Le Québec n’avait qu’à accepter que passe chez lui le fameux oléoduc, rétorquera-t-on dans le ROC.

Ah justement ! Que pense Doug Ford de ce fameux tuyau ? Oh, et sur l’épineux sujet de la péréquation, se rangera-t-il du côté du Québec ou dans le camp des provinces conservatrices de l’Ouest qui veulent la remettre en question ?

Heureusement que sur le financement des infrastructures par le fédéral, les provinces pourraient s’entendre, lors de leur réunion du Conseil de la fédération.

Car pour le reste à Toronto... il vaudrait mieux que les premiers ministres aillent oublier leurs différends devant un bon match à l’aréna Scotiabank.