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Détroit se réveille!

Ce centre de recherche et développement attire des chercheurs de tous les États-Unis, me disait-on. Ça faisait longtemps que Détroit n’avait pas attiré les « cerveaux ».
Photo courtoisie, Gilles Proulx Ce centre de recherche et développement attire des chercheurs de tous les États-Unis, me disait-on. Ça faisait longtemps que Détroit n’avait pas attiré les « cerveaux ».

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Pour nous, humbles amateurs de hockey, tout ce que nous retenions de Détroit, c’était les Red Wings et Gordy Howe ! Mais Détroit, c’est l’histoire d’un succès inouï et d’une descente aux enfers sans précédent pour une grande ville dans l’histoire des États-Unis.

Cette ville fondée par l’un des nôtres, Lamothe-Cadillac (ce que tous les Québécois ont oublié...) a été tirée vers le haut par un industriel de génie : Henry Ford.

J’ai sursauté en voyant le nom de cette rue totalement délabrée, Edsel Ford, du nom du fils héritier unique de Henry Ford.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
J’ai sursauté en voyant le nom de cette rue totalement délabrée, Edsel Ford, du nom du fils héritier unique de Henry Ford.

L’industrie automobile s’y est concentrée et une vaste population d’ouvriers relativement prospères y ont élevé leurs familles... avant la crise des années 1980 et le libre-échange. Cette ville mono-industrielle­­­ a été économiquement décapitée par le déclin des grands constructeurs automobiles et par les délocalisations massives vers le Mexique.

En 2017, la grande cinéaste américaine Kathryn Bigelow réalisait le film Detroit, très dur ! Voilà qui faisait perdre toute envie d’aller vivre là ! Au début des années 2000, des familles désespérées de la violence endémique désertaient carrément leurs maisons. Certains quartiers florissants de la classe moyenne des années 1970 se sont mués, en une génération, en quartiers fantômes hantés par des clochards et des toxicomanes, et où la police répugnait à se rendre de crainte de se faire arroser à la mitraillette !

Si vous pensez qu’on a beaucoup de pancartes « On embauche » 
au Québec, vous hallucinerez à Détroit… où il y en a partout ! Et souvent pour de bons emplois bien payés.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Si vous pensez qu’on a beaucoup de pancartes « On embauche » au Québec, vous hallucinerez à Détroit… où il y en a partout ! Et souvent pour de bons emplois bien payés.

En 2013, avec presque 20 milliards de dette, Détroit devient la première ville américaine à vouloir déclarer faillite ! Eh bien, ce Détroit cauchemardesque tire peut-être à sa fin. Pendant l’ère Obama, des milliards ont été injectés dans cette municipalité totalement dysfonctionnelle !

Partout, des pancartes géantes proclament : employés recherchés ! Les taudis se font de plus en plus rares. De nouvelles maisons modestes apparaissent. Des familles reviennent. Ça fait du bien de voir une collectivité se redresser ! « D’ici trois à cinq ans, notre ville sera méconnaissable », me répétait-on parmi les guides avec lesquels je m’entretenais à Détroit.