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La grande séduction de la Gaspésie pour recruter

Depuis deux ans, la région a déployé plusieurs stratégies qui portent leurs fruits

La vidéaste Dasha Vymetalova, d’origine tchèque, a adopté la Gaspésie il y a déjà 12 ans. Elle a habité à Chandler puis à Gaspé.
Photo courtoisie La vidéaste Dasha Vymetalova, d’origine tchèque, a adopté la Gaspésie il y a déjà 12 ans. Elle a habité à Chandler puis à Gaspé.

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La pénurie de main-d’œuvre se fait particulièrement sentir en Gaspésie qui a lancé une offensive pour attirer les talents.

Les besoins sont dans tous les secteurs. Au Café des artistes, à Gaspé, pas moins d’une quinzaine de postes sont actuellement à pourvoir.

Depuis la fin août, le réputé établissement ferme à 16 h faute de personnel autant du côté des cuisiniers que des serveurs pour offrir le service du soir.

« Avec la rentrée au cégep, je perds la moitié de mon personnel alors que l’affluence reste forte jusqu’à la fin septembre », explique le gérant, Martin Legault.

Il est loin d’être le seul employeur à chercher de la main-d’œuvre. Sur le site de Vivre en Gaspésie, la stratégie régionale d’attraction et de rétention de nouveaux travailleurs, il y a actuellement plus de 500 postes qui sont affichés.

« Les employeurs publient de nouvelles offres chaque semaine », affirme Stéphanie Collin, agente de communications de l’organisme.

Multiplier les stratégies

L’industrie maritime et la filière éolienne contribuent largement à la demande. Le secteur de la santé est aussi en manque d’employés. Il y a plus de 80 postes à pourvoir dans les différents centres de santé et de services sociaux (CISSS) du territoire, selon Mme Collin.

Depuis deux ans, la Stratégie Vivre en Gaspésie, qui est appuyée par les élus et des partenaires régionaux, déploie plusieurs stratégies pour attirer les talents. Parmi les mesures, il y a le programme d’aide financière aux entrevues qui permet aux candidats de l’extérieur de la région de recevoir jusqu’à 400 $ pour couvrir une partie des frais de déplacement, de repas et d’hébergement.

« Ces dépenses pouvaient représenter un frein pour les chercheurs d’emploi », explique Mme Collin.

La région veut aussi faciliter les choses pour les stagiaires dans l’espoir qu’ils décident de s’y établir pour de bon. Ils peuvent recevoir jusqu’à 1500 $ pour un stage, qu’il soit rémunéré ou non.

La mesure a eu un impact positif. L’an dernier, la région a accueilli une centaine de stagiaires, dont la moitié environ a été embauchée à la fin du stage.

Les efforts portent leurs fruits. Depuis deux ans, la région de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine affiche un solde migratoire positif. En 2016-2017, elle a attiré 122 personnes de plus qu’elle n’en a perdu et 238 en 2017-2018. Une situation qui ne s’était pas vue depuis 2009, précise Mme Collin.

La région fait maintenant face à une autre pénurie, celle du logement notamment à Gaspé, pour accueillir ces nouveaux arrivants.

La pénurie de logements n’arrange rien

À force d’attirer de nouveaux travailleurs pour combler les besoins de main-d’œuvre des entreprises, la Gaspésie connaît un autre type de pénurie, celle du logement.

« Cela devient un frein pour les gens qui veulent s’établir dans la région, affirme Stéphanie Collin, agente de communication de la Stratégie Vivre en Gaspésie. Nous sommes une région de propriétaires, il y a peu de logements locatifs sur le marché. »

Gaspé a décidé de passer à l’action pour résoudre la situation.

Récemment, l’administration municipale a décidé de vendre des terrains à un prix de base de 1 $ à des promoteurs immobiliers pour stimuler la construction de logements locatifs.

Le 13 novembre dernier, elle a aussi déposé un projet de loi privé devant l’Assemblée nationale visant à lui permettre de verser des incitatifs financiers aux promoteurs de nouveaux logements. Il prévoit également une aide financière aux acheteurs de maisons dans les quartiers situés en périphérie du centre-ville afin de faciliter l’installation de familles sur le territoire.

Employeurs

Les ratés dans l’accueil des nouveaux employés

Des faux-pas à l’accueil des nouveaux employés peuvent avoir un impact négatif sur le taux de rétention.

Selon un sondage de la firme Accountemps mené aux États-Unis, seulement 33 % des employeurs jugent avoir un processus d’intégration « très efficace ».

Du côté des employés, près des deux tiers (59 %) ont déploré des lacunes, telles que des outils technologiques mal configurés, l’absence du matériel de travail adéquat et le fait de ne pas avoir été présentés à leurs nouveaux collègues.

Faire bonne impression dès le départ, cela vaut aussi pour l’employeur. Dans un marché du travail tendu, il est important que les nouveaux employés se sentent les bienvenus et aient envie d’apporter leur contribution sur le long terme.

Un accueil personnalisé, une invitation à dîner avec l’équipe de travail, la présentation des grandes orientations de l’entreprise sont essentiels. Il est aussi important que l’accompagnement s’étale sur quelques semaines par le biais de rencontres de suivi avec son gestionnaire.

Rémunération

Moins bien payés, mais plus heureux

Près de neuf personnes sur 10 qui ont procédé à un changement de carrière se disent plus heureuses qu’auparavant, et ce, même si cette décision a entraîné une baisse de salaire pour près de la moitié (46 %) d’entre elles. C’est ce que révèle un récent sondage du site de recherche d’emplois Indeed Canada.

L’enquête a été menée auprès de plus de 1000 travailleurs canadiens de différents secteurs. Près des 60 % des répondants ont changé de carrière afin de progresser sur le plan professionnel. Mettre fin à un emploi où ils sont malheureux et réduire le stress font également partie des raisons mises de l’avant pour faire le virage.

Fait à noter, parmi les personnes qui ont changé de carrière, 55 % disent l’avoir fait pour avoir une plus grande latitude par rapport au télétravail et bénéficier d’horaires flexibles.


► Chaque samedi, Le Journal traitera des enjeux touchant la pénurie de main-d’œuvre. Comment les entreprises s’ajustent à cette nouvelle réalité. Comment les travailleurs, jeunes, immigrés et plus âgés, s’y préparent.


► Si vous avez des témoignages à donner ou des solutions à proposer, veuillez écrire à yves.daoust@quebecormedia.com