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L’autre combat pour la liberté d’expression

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Au sujet du combat de Mike Ward pour la « liberté d’expression »...

L’une des choses les plus justes et les plus intelligentes que j’ai lues sur le sujet provient de l’essayiste québécois Jérôme Blanchet-Gravel.

« Le Québec, cette terre où certains humoristes se battent pour le droit de rire de jeunes handicapés au lieu de s’attaquer à la censure ambiante et aux nombreux sujets devenus tabous », a-t-il écrit sur sa page Facebook. 

« Le courage incarné, quoi. Nous avons vraiment affaire à une riche conception de la liberté d’expression. »

GÉNÉRATION OFFENSÉE

Jérôme Blanchet-Gravel — qui, comme Mathieu Bock-Côté, est publié en France et combat bec et ongles la rectitude politique — a parfaitement raison. 

Il y a des combats pour la liberté d’expression qui sont autrement plus importants que celui mené par Ward... 

En février prochain, l’essayiste et réalisatrice française Caroline Fourest publiera un essai qui promet d’être percutant sur les dérapages de la rectitude politique.

Le titre ? Génération offensée

Elle fera entre autres la recension de toutes les attaques contre la liberté d’expression menées, en Occident, par ceux qu’on appelle « les guerriers de la justice sociale » (et que j’appelle, moi, les petits lapins). 

Pièces, expos et conférences annulées, intellectuels devenus persona non grata dans certaines universités, professeurs congédiés parce qu’ils osent remettre en question certaines théories chères au cœur des adeptes de la gauche radicale, etc. 

Jeudi dernier, j’ai interviewé madame Fourest sur les ondes de QUB radio.

Elle me disait que l’un des pays occi-dentaux les plus touchés par cette nouvelle forme de censure est... le Canada. 

On ne parle pas ici d’un humoriste qu’on empêche de rire des handi-capés, non. 

Mais d’intellectuels renommés qui sont traités comme des parias, des pestiférés, des ennemis publics. 

Or, quel artiste, quelle personnalité publique défend cette liberté d’expression ?

La liberté de critiquer certaines théories à la mode ? De ne pas être d’accord avec Greta Thunberg ou Gabrielle Bouchard, de la Fédération des femmes du Québec ?

De penser à contre-courant ? De ne pas suivre la meute ?

Qui défend la dissidence intellectuelle ?

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LES NOUVEAUX CURÉS

Caroline Fourest est chroniqueuse au magazine Marianne.

Voici ce qu’elle écrivait le 22 novembre dernier...

« Mai 68 criait : “Il est interdit d’interdire !” La nouvelle génération ne rêve que de censurer tout ce qui l’offense. Un “politiquement correct” si poussé qu’il finit par créer de nouveaux tabous. 

« Jadis, le désir de censure venait de la droite. Désormais, il est porté par la gauche. 

« La mission de l’université est de proposer des pensées complexes, forger l’esprit critique de ses étudiants. Pourtant, c’est le lieu où les modérés, féministes, laïques ou simplement sociaux-démocrates, sont le plus censurés... »

Parlez-en à Mathieu Bock-Côté. 

En avril 2017, mon confrère et ami devait participer à un débat sur le cours d’Éthique et de culture religieuse à l’UQAM. 

Or, à la suite de fortes pressions d’une association étudiante, la conférence a dû être annulée. 

Deux ans plus tard, Mathieu devait participer à un événement dans une librairie du Plateau Mont-Royal. Là aussi, l’événement a été annulé à la suite de menaces.

C’est pas mal plus inquiétant que la « censure » dont serait victime Mike Ward...

Mais qui dénonce ces gauchos qui se comportent comme des fachos ?