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Les fonctionnaires veulent 2 milliards $

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Deux milliards de dollars par année, au minimum. Voilà ce qu’il en coûterait au gouvernement Legault pour combler le recul salarial que les employés de l’État accusent sur l’ensemble des autres salariés québécois.

Les prochaines négociations salariales entre le gouvernement Legault et les employés de l’État s’annoncent très difficiles tellement l’écart est grand entre les demandes syndicales et les offres patronales.

La rémunération globale (salaires et avantages sociaux) des employés de l’État québécois accuse un recul de 6,6 % sur l’ensemble des autres salariés québécois.

Voilà le « gros » chiffre à retenir de l’incontournable rapport annuel « Rémunération des salariés » que vient de divulguer l’Institut de la statistique du Québec, lequel rapport porte sur la comparaison de la rémunération globale (en 2018) des salariés syndiqués de l’administration québécoise avec celle des autres salariés du marché du travail québécois.

Ce recul salarial de 6,6 % est d’autant plus important à retenir que les syndicats des employés de l’État vont évidemment s’en servir comme base de négociation dans le cadre du renouvellement des conventions collectives, lesquelles prennent fin le 31 mars prochain.

QUÉBEC OFFRE 2 %

Lors de sa récente mise au point sur la situation économique et financière du Québec, le ministre des Finances Éric Girard a prévu accorder des hausses annuelles de rémunération de l’ordre de 2 à 2,2 %. Ce qui équivaut à ses prévisions annuelles de l’inflation.

Cette « offre » du ministre Girard est d’autant plus sérieuse que le premier ministre François Legault, en septembre dernier, avait lui-même lancé le message que la majorité des employés de l’État obtiendront uniquement l’inflation, soit environ 2 %.

Avec ce message, François Legault souhaitait couper court aux aspirations des chefs syndicaux des employés de l’État de mettre la main sur une grande partie des gros surplus budgétaires du gouvernement.

Dans sa mise au point économique et financière, le gouvernement Legault prévoit enfiler au cours des quatre prochains exercices financiers les surplus suivants :

  • 2020-21 : 2,84 milliards $
  • 2021-22 : 3,15 milliards $
  • 2022-23 : 3,48 milliards $
  • 2023-24 : 3,79 milliards $

Notez que ces surplus tiennent compte d’une hausse de 2 à 2,2 % de la rémunération des employés de l’État.

ON JASE...

Si le gouvernement Legault acquiesçait à une demande d’augmentation équivalente au recul qu’accusent actuellement ses employés de l’État sur l’ensemble des autres salariés québécois, soit une hausse annuelle de 6,6 % (4,4 points de pourcentage de plus que prévu), les surplus anticipés se feraient gruger à raison de 2,2 milliards par année. Au minimum.

Sachez que la rémunération globale des employés de l’État québécois représente une dépense actuelle de 47,9 milliards de dollars, soit 59 % des dépenses des programmes gouvernementaux.

Méchante dépense ! Que voulez-vous, la liste des effectifs travaillant dans les ministères, les organismes publics, les réseaux du secteur public et les entreprises publiques du gouvernement du Québec comprend quelque 499 300 personnes équivalentes à temps complet.

Comme ils en ont ras le bol d’être sous-payés, les employés de l’État estiment que Québec, avec ses gros surplus budgétaires, a aujourd’hui les moyens de corriger la situation.